Questions de politique et de société

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Vous considerez-vous comme un activiste social ?

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Non. Sans vouloir caricaturer, l’activisme social me montre beaucoup de gens qui réagissent à un système et qui veulent le changer. Je ne me retrouve pas dans cette dynamique.

A la réaction, je préfère la création. Je préfère imaginer et inventer quelque chose de tellement nouveau que l’ancien n’a plus besoin d’exister. Un jour il tombera tout seul de sa branche. Dans la réaction, on aboutit à ce que j’appelle une symbiose polarisée : la droite et la gauche ; le syndicat et le patronat ; la presse et le pouvoir ; les juifs et les musulmans ; les pro-nucléaires et les anti-nucléaires ; les pro-OGM et les anti-OGM ; les écolos et les libéraux ; etc. Chaque chaque côté devient le problème de l’autre, chaque côté évolue par rapport à l’autre, et donc s’enferme dans le paradigme de l’autre. Au bout du compte cela produit un corps social très stable, posé sur deux jambes en opposition.

Même si l’on ne se déclare pas d’ennemis, voir le monde comme un problème à résoudre nous place également dans une forme de réaction. On s’enferme dans l’énoncé du problème, et donc dans son paradigme. Vivre une réalité constituée comme un problème — réchauffement climatique, inégalités sociales, pollution, ignorance, consumérisme, etc — ne m’attire pas du tout. Je me sens enfermé et limité. Et je vois la joie tomber.

J’aime faire claquer l’étincelle et faire s’ébrouer l’artiste ! J’adore faire jaillir des mondes nouveaux ! Et si dans ces nouvelles réalités les anciens problèmes ne se reproduisent plus, tant mieux.

L’art se présente de mille et une façons. Il y a les formes qu’on connaît bien : musique, écriture, peinture, danse, architecture… J’y inclus également la science. Eh oui, l’énoncé de nouvelles théories, l’imagination empirique, l’innovation technique, l’invention de nouveaux langages pour donner corps aux nouvelles réalités de notre expérience sensible… autant de formes qui jaillissent de l’être. Comme tous les arts, la science connaît l’académisme, la répétition stérile du modèle, . Je crois que les gens perçoivent la science plus souvent sous cet angle-là. Cette dernière ne m’intéresse pas, j’aime la science-art, celle qui invente les nouveaux mondes.

La science, l’écriture, les arts martiaux et la musique me font vibrer jusqu’aux étoiles.

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Avez-vous une affiliation avec un mouvement ou une idéologie politique ?

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Non. Communisme, capitalisme, socialisme, anarchisme, libéralisme, royalisme… autant d’idéologies qui appartiennent à l’intelligence collective pyramidale, au passé. Elles n’ont plus aucun sens pour qui a migré vers l’intelligence collective holomidale.

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En quittant l’argent, ne dites-vous pas intrinsèquement que vous ne reconnaissez pas les États-Nations ?

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Pour autant que je sache, les États-Nations modernes se fondent sur des constitutions. Aucune des constitutions que je connais stipule que la citoyenneté se définit par l’argent. Les citoyens se relient autour de valeurs fondamentales et universelles. Non seulement le vœu de richesse respecte ces accords, mais il les manifeste à un degré d’exigence supérieur au moyen d’une liberté plus grande encore. Par exemple en France, je vois mal comment on peut honorer les valeurs universelles de “Liberté, Égalité, Fraternité” dans une société baignant dans l’argent conventionnel qui stimule prédation et compétition. L’humanité aura fait un grand pas le jour où les Nations respecteront leurs propres Constitutions à la lettre. Une exigence qu’elles ne suivent que très médiocrement aujourd’hui.

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Reconnaissez-vous à la société le droit de taxer ses citoyens pour le bien commun (routes, sécurité sociale, etc) ?

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Du point de vue plus vaste sur les richesses matérielles, j’adhère au fait que chacun doit apporter sa contribution à la société en partageant la richesse. Cela ne dit pas avec quelle technologie, et quelles unités on représente cette richesse.

L’argent conventionnel dessert le processus de contribution et de solidarité sociales, du fait des effets pervers que nous lui connaissons (condensation liée à l’Effet Pareto, centralisation, rareté, opacité, propriétarisation, etc). Si nous voulons vraiment honorer nos contributions pour la collectivité, on devrait utiliser des technologies appropriées qui soutiennent le mutualisme plutôt que la concentration des pouvoirs. Nous disposons de telles technologies aujourd’hui.

Bientôt ces technologies prendront le relai, il s’agit juste d’une question de temps.

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Si les États faisaient ce que vous aimez, par exemple s’ils n’avaient pas d’armée, ou s’ils œuvraient diligemment contre la pollution, la pauvreté, etc, utiliseriez-vous alors la monnaie que ces États émettent ?

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La discipline de l’intelligence collective aide à comprendre comment les espèces sociales — celles de l’humanité en particulier — œuvrent en tant qu’entités vivantes, et comment un système monétaire fonctionne exactement comme de l’ADN. Nous démontrons que la pauvreté, la pollution, les inégalités sociales existent comme conséquences largement provoquées par la monnaie rare. L’égoïsme, l’avarice, la pulsion de conquête et de domination font certes partie de la psyché humaine, mais là encore, dans la plupart des cas, la monnaie rare les attise, avec toute l’idéologie de prédation qu’elle engendre.

Je vois mal comment les États, les grandes organisations, la société en général, pourront évoluer vers un futur vertueux et durable tout en continuant d’utiliser le système monétaire conventionnel.

J’essaie d’incarner une autre manière de vivre, en espérant qu’elle sert mieux la vie et le bonheur. Je ne saurais me montrer plus pragmatique…

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Avez-vous une objection concernant la propriété ? Si vous payez quelque chose avec une monnaie autre que l’argent, continuez-vous de penser que vous le possédez ?

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La propriété constitue une des marques de fabrique de l’intelligence collective pyramidale (la forme d’intelligence collective qui prédomine encore très largement dans nos sociétés). Elle a une origine purement culturelle, et non universelle contrairement à ce le droit le laisse à penser.

Sur le plan de l’évolution de la conscience, le sens de la propriété (posséder quelque chose) existe en tant qu’étape temporaire sur l’échelle développementale d’un être humain, en particulier dans les société pyramidales. Un humain qui a suffisamment évolué n’a aucune envie ni aucun besoin de posséder quelque chose. Il préfère en devenir le serviteur ou le gardien pour les générations à suivre. Les peuples premiers ont depuis longtemps socialement développé ce niveau de sagesse.

Vu que la propriété se trouve au du cœur des sociétés à intelligence collective pyramidale, la plupart des gens ne dépassent pas ce stade dans leur développement personnel, car rien ne les y encourage. On reste enchevêtré dans l’étoffe sociale de son époque. Ceux qui veulent continuer l’aventure spirituelle et le chemin vers la liberté, réalisent vite le caractère illusoire de la propriété et de la possession. Ils prennent conscience des mécanismes archaïques de peur et de séparation qui agissent inconsciemment sous la bannière de la propriété.

La relation que nous établissons avec les biens matériels se voit influencée par les moyens employés pour y accéder. Viennent-ils de vols, de conquêtes, de trocs, d’achats, de prêts, de cadeaux ? Suivant le moyen d’acquisition, les destins et les dynamiques sociales attachés à chaque objet diffèrent grandement.

La monnaie conventionnelle rare, il faut la conquérir la plupart du temps. Tout achat, aussi neutre puisse-t-il paraître, s’affilie à cette conquête originelle. Cet esprit de conquête, de compétition, de propriétarisation, de possession, baigne dans l’air, dans la culture, au point que nous n’y pensons même plus. Il infuse toutes les transactions effectuées en monnaie rare. On ne voit plus ça avec les monnaies “suffisantes”, qui existent en proportion directe avec notre capacité à échanger (comme l’air que l’on respire, on n’utilise que ce qui nous suffit). Quant à l’économie du don, elle crée une dynamique qui nous affranchit de tous les maux que je viens de citer.

Ainsi le design même d’une monnaie provoque et perpétue certains états de conscience. Prédateurs, archaïques, conquérants pour l’argent rare. Ouverts et généreux dans le cas de monnaies suffisantes. Compassionnels et créatifs dans le cas de technologies soutenant une économie du don. L’obsession de la possession nous taraude moins dans une économie des monnaies libres que dans une économie de l’argent rare. Elle nous quitte totalement dans l’économie du don.

De plus en plus de gens se rendront compte que l’évolution de conscience de l’humanité passera par la naissance d’un nouveau langage, vivant et non aristotélicien, le langage des flux. Une révolution aussi importante que l’écriture en son temps.

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Quelles principales difficultés rencontrez-vous ?

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Mon aventure de vie génère une telle expérience et ouvre de telles perspectives que j’ai souvent l’impression de vivre dans un monde aveugle et sourd, encore enfermé dans son obscurantisme, ses croyances et sa barbarie. Cet état des choses ne me pèse pas, et j’accueille la vie dans sa forme présente avec sérénité, patience et joie, sans la juger. Ce qui m’apparaît plus difficile consiste à trouver et construire mes propres ajustements : comment vivre pleinement et librement ma nature profonde, sans concession aucune, tout en gardant une relation harmonieuse avec mes pairs ? Quelles règles génératives poser ? Chaque jour apporte son lot de petits pas à faire.

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Vos choix économiques et de vie ne vous placent-ils pas au-dessus des lois ?

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Je vous invite à lire cet article.

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  1. Foire aux questions

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