Questions sur le vœu de richesse

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D’où vient ce vœu ?

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Ce vœu a jailli en moi le matin du 7 septembre 2009. Je l’ai vécu comme une transition instantanée. Il y a un avant et un après, un peu comme une transition de phase en physique. 

Une longue alchimie intérieure avait opéré avant, liée à ma recherche sur l’intelligence collective et sur la société post-argent, combiné, bien sûr, avec la méditation. On peut voir cela comme le résultat d’une aventure à la fois intellectuelle et spirituelle.

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Quelles étapes voyez-vous pour l’application pratique du vœu de richesse ?

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Ce vœu implique pour moi de passer de l’usage de l’argent conventionnel à celui des technologies post-monétaires. Une telle transition passe par de nombreuses étapes. De plus, elle ne saurait provenir d’un travail solitaire. La migration vers une société libérée de l’argent relève d’une aventure collective. Je n’ai qu’un rôle d’éclaireur qui va explorer un peu avant les autres.

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Suivez-vous ce vœu par activisme social ?

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Non. Je ne prononce pas ce vœu par activisme social. Il vient de ma pratique de vie, également parce que ma nature fait de moi un explorateur.

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Ne trouvez-vous pas votre aventure risquée, inconsciente, idéaliste ?

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L’exploration de l’inconnu se veut par nature risquée, incertaine, et forcément fondée sur un “idéalisme” puisque cela ne constitue pas encore la réalité collective. Les erreurs et essais font partie des fonctions essentielles de l’apprentissage empirique, étapes incontournables sur la voie du succès. Ils font partie du jeu. Il n’y a que les sceptiques, les immobiles et les tièdes pour les pointer du doigt.

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Pourquoi le mot “richesse” apparaît-il si ambigu ?

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Comme beaucoup de mots, richesse porte une ambiguïté car il nous enferme dans la partie matérialiste de notre réalité. Dans le sens commun, riche veut dire qu’on possède beaucoup d’argent et de biens matériels. Le contraire,  pauvre, signifie qu’on a ni argent ni biens matériels.

Je puis n’avoir aucune possession matérielle, et pour autant me vivre comme l’homme le plus riche du monde, par ceux que j’aime et qui m’aiment, par la beauté naturelle qui m’entoure, du fait de ma santé, par ma capacité intérieure à cultiver le bonheur. Je puis appartenir au club fermé des multimilliardaires, et vivre comme le plus misérable des hommes, entouré de corruption, d’avarice, d’intrigues, de superficialité… Ne trouvez-vous pas intéressant que nous n’ayons pas de vrai vocabulaire pour parler de ce qui nous rend réellement riche ou pauvre ? Pauvreté et richesse entretiennent une des confusions ontologiques parmi les plus destructrices que je connaisse. Nous manquons d’un langage de la richesse.

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Comment définissez-vous la richesse ?

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Telle qu’exprimée dans le vœu, je vois la richesse comme tout ce qui nous rapproche du Beau, Bon et Vrai. (cf cette conférence en anglais)

Dans le langage courant, le mot richesse se rapporte à quelqu’un qui a beaucoup d’argent. Cela montre la confusion qui existe entre la fin (l’argent) et les moyens (la richesse). L’argent offre un moyen d’accéder à certaines formes de richesses, le plus souvent matérielles. L’argent permet d’accéder à une toute petite portion du vaste spectre de la richesse. Comment pourrait-on le considérer comme une fin ? La fin, elle, s’incarne dans la richesse, dans son sens le plus profond.

Comment définir la richesse alors ? La richesse devient richesse tout simplement parce que nous la déclarons comme telle.

Dans le monde matériel, il y a des richesses relatives (qui n’intéressent que certaines personnes), et il y a des richesses universelles qui touchent tous les Hommes. Pour certains, un appartement en ville représente une richesse, d’autres préférent une maison à la campagne. Pour certains posséder du bétail confère un statut social, pour d’autres cela ne veut rien dire. Il s’agit de richesses relatives.

Parmi les richesses universelles, citons les besoins fondamentaux tels que la nourriture, l’eau, la santé, un toit, des vêtements, l’éducation… Pour l’immense majorité de l’humanité, seul l’argent permet d’y accéder. Intéressant non ? D’autres richesses universelles existent de manière immatérielle, telles que la paix, la confiance, l’amitié, la famille, l’estime de soi, la joie, l’humour, l’écoute, l’éveil spirituel… autant de choses que l’argent n’achètera jamais.

Peu importe qu’il s’agisse d’un toit pour vivre, de la beauté d’une fleur, du sourire d’un enfant ou d’eau potable, la richesse vient toujours comme l’expression et l’harmonie du Beau, Bon, Vrai.

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Pouvez-vous clarifier ce que vous appelez le Beau, le Bon, le Vrai ?

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Si vous voulez creuser cette question plus avant, je vous invite à lire la page richesse intégrale.

Le Beau a trait à l’élan créateur qui vit en chaque âme humaine. Chaque être humain possède cette étincelle, cet élan qui l’invite à manifester la beauté au moyen d’un art ou d’un savoir-faire. Peu importe la forme de l’expression, le niveau de maîtrise, le type d’art, le style, les canons culturels… Le Beau émane de l’expression intime, subjective du Je. Sur le plan sociétal, il se rapporte aux Arts.

Le Bon introduit l’autre, l’alter ego. On ne peut rien considérer comme bon tant qu’autrui ne l’a pas déclaré comme tel. L’autre – un être humain, la société, la nature, l’univers – exprime directement ce qu’une création provoque en lui, de manière verbale ou corporelle (un arbre qui se magnifie ou qui dépérit par exemple). Ainsi le Bon vient par le Tu. Sur le plan sociétal, il se rapporte à l’Éthique ou la Morale.

Le Vrai manifeste le principe de réalité, le tiers extérieur au je et au tu. Le principe de réalité fonctionne comme un miroir en face duquel nous confrontons nos capacités et notre créativité. Il dit à l’ingénieur, de manière impartiale, si la centrale nucléaire va résister aux tremblements de terre et aux tsunamis. Le principe de réalité nous apporte de rudes leçons sur les conséquences de nos actes et de nos choix. Il opère comme notre maître miroir auprès duquel nous apprenons à perfectionner notre art. Le Vrai émane du Ça (ou du « il » ou « elle »). Sur le plan sociétal, il se rapporte aux Sciences.

Je pour le Beau, Tu pour le Bon, Ça pour le Vrai. Nous voyons se révéler la structure fondamentale de notre construction du monde, reflétée par les bases de la grammaire. Notre structure ontologique repose sur ces briques fondatrices.

Beau, Bon et Vrai s’entremêlent. Comment peut-il y avoir de la beauté face au mensonge ? Comment peut-il y avoir du bon sans vérité ? A quoi sert la vérité si on ne la pétrit pas de beauté et bonté ? Beau, Bon, Vrai opèrent comme la diffraction en trois couleurs d’une seule et unique source de lumière. Ils composent tout ce que nous nommons « richesse ».

 

Truth, Goodness, Beauty, Wealth

 

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Que signifie la pauvreté alors ?

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La pauvreté implique l’absence de richesse. Elle provient souvent de notre incapacité à nous relier à la richesse qui nous entoure, au Beau, au Bon, au Vrai.

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Le vœu de richesse ne s’apparente-t-il pas au vœu de pauvreté que l’on rencontre dans de nombreuses traditions spirituelles ? Allez-vous devenir un mendiant ? Un SDF ?

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Le vœu de pauvreté apparaît dans toutes traditions spirituelles que je connais. Il dit que pour développer une conscience plus vaste, pour s’ouvrir au Divin, il ne faut pas se compromettre ni se laisser distraire ou emprisonner dans les possessions matérielles. Quitter les biens matériels se vit comme une libération ouvrant la voie vers la vraie richesse.

Beaucoup confondent le vœu de pauvreté avec mendicité et misère. S’il demeure exact que certaines pratiques spirituelles passent par la mendicité, la plupart des communautés spirituelles ont construit et généré d’incroyables formes de richesses matérielles. Elles proviennent des contributions de chacun dans un contexte d’économie du don. Regardons les monastères, les ashrams, les temples et la plupart des lieux de culte : beaucoup existent entourés de beauté naturelle, élaborés avec les arts les plus raffinés de leur époque, organisés autour de principes économiques fondés sur le partage. Quand la spiritualité vit de manière authentique et vivante, personne ne revendique un droit de propriété sur cette richesse. On a là un des aspects profonds du vœu de pauvreté.

Nous vivons dans un monde où la pauvreté matérielle et spirituelle ont atteint des niveaux sans précédent, où consumérisme et matérialisme constituent la forme de pauvreté des pays industrialisés, où les personnes se mettent en esclavage les unes les autres pour de misérables salaires. Et pourtant la richesse nous entoure. Elle existe partout autour de nous si nous savons la faire exister en nous. Il nous faut juste apprendre à étendre notre regard. D’où une question pratique sous-jacente : de quel type d’intelligence collective avons-nous besoin pour accéder, construire, partager, faire émerger cette richesse au niveau global ?

Le vœu de richesse met l’emphase sur le fait que les formes matérielles de richesse peuvent démultiplier notre capacité à devenir des êtres et des sociétés accomplis, pour peu que l’on respecte certaines conditions :

  • la richesse ne vient ni d’un vol ni d’un pillage (sans quoi on ne remplit pas la condition du Bon)
  • au contraire, la richesse se veut “additive” ; l’usage que nous en faisons doit bénéficier à la vie, ce qui inclut l’environnement
  • peu importe la richesse, nous ne devons pas nous en considérer comme les propriétaires, mais comme au minimum des administrateurs et des gardiens, ou mieux encore : des artistes créateurs
  • la richesse matérielle nourrit notre joie d’être et notre créativité, et vice-versa

Ceci dit, la façon dont on nomme ce vœu – vœu de richesse ou de pauvreté, ou autrement – n’a pas beaucoup d’importance du moment que l’intention et l’expérience demeurent authentiques.

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Ce voeu ne vous engage-t-il pas à avoir des relations exclusives avec ceux qui ont le même style de vie ?

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Pas du tout. La générosité, tout le monde sait la pratiquer. J’ai choisi une aventure extrême pour en explorer les confins, cela ne marche que parce que d’autres personnes manifestent leur générosité envers moi, alors qu’elles gardent un mode de vie plus conventionnel. Les pionniers ne peuvent exister si une partie de la société ne les soutient pas.

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Y a-t-il une relation entre le vœu de richesse et l’objection de conscience au service militaire, ou au fait de ne pas payer les impôts qui soutiennent la guerre ?

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Bien que j’adore la paix, le vœu de richesse ne trouve pas sa motivation dans un problème actuel. Mon cheminement intime me conduit à des choix pratiques, à la créativité, l’innovation, l’exploration, à l’art d’exister…

Ceci dit, que l’on ne compte pas sur moi pour financer la violence, la guerre et l’armement. Le citoyen aujourd’hui s’y voit contraint.

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Espérez-vous que d’autres prononceront le même voeu que vous ?

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Je n’ai aucune attente spécifique. Ce choix relève d’un cheminement intime.

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Comment le CIRI se situe-t-il en regard du voeu de richesse ?

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Le CIRI fonctionne également dans l’économie du don, tout en continuant d’utiliser l’argent conventionnel. Quelque part, il fonctionne déjà, de facto, sur la dynamique du vœu de richesse.

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Avez-vous opéré la séparation de tout ce que vous aviez ?

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Presque. A part quelques petits objets sentimentaux reçus comme cadeaux et qui représentent des marques d’amour, je n’ai pratiquement plus rien de personnel.

Toutes les choses dont j’ai hérité je les ai transmises à mon fils et à sa maman. Ils décideront ce qu’ils veulent en faire, selon leurs propres choix et critères. Même mon piano, dont j’ai encore l’usage, leur appartient. Si un jour ils ont besoin de le vendre, ils pourront le faire sans problème.

Donc aujourd’hui seules me restent les affaires fonctionnelles : vêtements, un peu de vaisselle, quelques livres…

Quant à l’informatique et l’électronique et autres outils pour œuvrer, ils appartiennent au CIRI.

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Y a-t-il des choses qui vous manquent ?

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Oui, la moto. J’adore ça ! :)

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Avez-vous peur ?

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  1. Foire aux questions

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