Questions sur le vœu de richesse

J’ai collecté ci-dessous les questions les plus fréquentes que j’ai entendues sur le vœu de richesse. N’hésitez pas à m’écrire ou contribuer directement à cette réflexion dans les commentaires plus bas !

Questions générales

D’où vient ce vœu ?

Ce vœu s’est installé en moi le 7 septembre 2009 en début de matinée. Ce fut une transition immédiate, comme s’il était automatiquement prononcé et mis en marche. Il y a un avant et un après. Un physicien appellerait certainement cela une transition de phase.  :-)

Une longue alchimie intérieure s’est opérée avant, du fait de mon travail de recherche sur l’intelligence collective et sur les monnaies libres, et bien sûr avec la méditation. C’est le résultat d’une aventure intellectuelle et spirituelle.

Quelles sont les étapes pour l’application pratique de ce vœu ?

Ce vœu implique pour moi de passer de l’usage de l’argent conventionnel à celui des monnaies libres (ou quelque autre nom que l’avenir donnera). Une telle transition passe par de nombreuses étapes et se confronte à beaucoup d’obstacles. De plus, elle ne saurait être le fruit d’un travail solitaire. La migration vers les monnaies libres est en soi une aventure collective.

Qu’est-ce que vous essayez d’accomplir ?

De par mon travail de recherche en intelligence collective, j’ai vite compris qu’on ne pouvait d’un côté prôner la synergie, le partage, l’unité, et de l’autre utiliser un système monétaire fondé sur la rareté, stimulant la compétition et la prédation. Voilà qui m’a ouvert les yeux : l’économie, et plus particulièrement le système monétaire sur lequel elle est fondée, sont au cœur de l’intelligence collective. Mes recherches m’ont vite mis devant cette évidence qu’il est parfaitement possible de créer des systèmes monétaires justes, contrôlés par la société civile, transparents, pluriels, open source, représentant l’économie réelle. Seuls l’ignorance et l’obscurantisme de notre époque nous en empêchent.

Des idées, il fallait passer à l’action. Sur le plan extérieur, nous sommes maintenant de plus en plus nombreux à créer l’infrastructure technique de cette nouvelle économie. Sur le plan intérieur, je ne vois pas comment je puis explorer et ouvrir des voies nouvelles si je ne m’extrais pas moi-même du système présent. C’est la seule façon, à ma connaissance, de comprendre l’emprise psychologique que l’argent opère sur la psyché humaine, et de voir comment on peut s’en affranchir. Quitter l’argent me met de plus en plus en danger vital dans une société où tout s’achète, y compris les besoins les plus basiques tels que la nourriture et un toit. L’expression populaire “gagner sa vie”, acceptée par tous, ne traduit-elle pas cette violence absolue ? Ne dit-elle pas implicitement que le droit de vivre n’est pas donné par la naissance, mais qu’il doit se conquérir dans une vision belliciste du monde ? On n’imagine pas à quel point le langage commun porte en lui des idéologies archaïques aussi violentes que fausses.

Êtes-vous un activiste social ?

Non. Je ne prononce pas ce vœu par activisme social. Il est venu du fait de ma pratique spirituelle, également parce que ma nature fait de moi un explorateur.

Que combattez-vous ?

Je ne me bats contre rien ni personne. Je suis un chercheur, un explorateur, et un homme de paix, c’est tout.

Bien que les explorateurs soient souvent traités de marginaux ou fous par une bonne partie de la société, ils ne sont pas contre elle. Ils sont au service de l’évolution. J’essaie donc simplement d’ouvrir de nouvelles voies.

N’est-ce pas risqué, inconscient, idéaliste ?

L’exploration de ce qui est nouveau est par nature risquée, incertaine, et forcément fondée sur des idées puisque cela ne fait pas encore partie de la réalité collective. Donc, oui, c’est idéaliste. Quant aux erreurs et échecs, ce sont des fonctions essentielles de l’apprentissage, des étapes incontournables sur la voie du succès. Ils font partie du jeu, même s’ils sont souvent pointés du doigt par les sceptiques et ceux qui ne bougent pas.

 

Questions éthiques, philosophiques et spirituelles

Qu’est-ce que la richesse ?

Telle qu’exprimée dans le vœu, je vois la richesse comme tout ce qui nous rapproche de ce qui est Beau, Bon et Vrai.

Dans le langage courant, le mot richesse se rapporte à quelqu’un qui a beaucoup d’argent. Cela montre la confusion qui existe entre fins et moyens. L’argent est un moyen d’accéder à certaines formes de richesses, le plus souvent matérielles. L’argent n’est pas la richesse en soi, il n’est donc pas une fin. La fin, c’est la richesse dans son sens le plus profond.

Qu’est-ce que la richesse alors ? C’est tout simplement ce que nous déclarons comme telle.

Il y a des richesses relatives (qui n’intéressent que certaines personnes), et il y a des richesses universelles qui touchent tous les Hommes.

Pour certains, un appartement en ville est une richesse, pour d’autres c’est une maison à la campagne. Pour certains avoir du bétail confère un statut social, pour d’autres cela ne veut rien dire. Ce sont des richesses relatives.

Parmi les richesses universelles, citons les besoins fondamentaux tels que la nourriture, la santé, un toit, des vêtements, l’éducation, qui sont, pour l’immense majorité de l’humanité — et cela m’attriste — uniquement accessibles par l’argent. D’autres richesses universelles sont dites intangibles ou immatérielles, telles que l’attention, la confiance, l’amitié, la famille, l’estime de soi, la joie, l’humour, l’écoute, l’éveil spirituel… autant de choses que l’argent n’achètera jamais.

Peu importe qu’il s’agisse d’un toit pour une vie décente, de la beauté d’une fleur, du sourire d’un enfant ou d’eau potable, la richesse vient toujours comme l’expression de ce qui est Beau, Bon, Vrai.

Pouvez-vous clarifier ce que vous appelez le Beau, le Bon, le Vrai ?

Le Beau a trait à l’élan créateur qui vit en chaque âme humaine. Chaque être humain possède cette étincelle, cet élan qui l’invite à manifester la beauté au moyen d’un art ou d’un savoir-faire. Peu importe la forme de l’expression, le niveau de maîtrise, le type d’art, le style, les canons culturels… Le Beau est l’expression intime, subjective du Je. Sur le plan sociétal, il se rapporte aux Arts.

Le Bon introduit l’autre, l’alter ego. Rien ne saurait être considéré comme bon tant que cela n’a pas été déclaré comme tel par autrui. C’est l’autre – un être humain, la société, la nature, l’univers – qui exprime directement ce qu’une création provoque en lui, que cette expression soit verbale ou corporelle (un arbre qui se magnifie ou qui dépérit par exemple). Ainsi le Bon est l’expression du Tu. Sur le plan sociétal il se rapporte à l’Éthique ou la Morale.

Le Vrai est la manifestation du principe de réalité, le tiers extérieur au je et au tu. Le principe de réalité est le miroir en face duquel nous confrontons nos capacités et notre créativité. Il dit à l’ingénieur, de manière impartiale, si la centrale nucléaire va résister aux tremblements de terre et aux tsunamis. Le principe de réalité nous apporte les rudes leçons sur les conséquences de nos actes et de nos choix. Il est notre maître extérieur auprès duquel nous apprenons à perfectionner notre art. Le Vrai est l’émanation du Ça (ou du « il » ou « elle »). Sur le plan sociétal, il se rapporte aux Sciences.

Je pour le Beau, Tu pour le Bon, Ça pour le Vrai. Nous voyons se révéler la structure fondamentale de notre relation au monde, les bases de notre grammaire. Notre structure ontologique repose sur ces briques fondatrices.

Beau, Bon et Vrai s’entremêlent. Comment peut-il y avoir de la beauté face au mensonge ? Comment peut-il y avoir du bon sans vérité ? A quoi sert la vérité si elle n’est pétrie de beauté et de bonté ? Beau, Bon, Vrai sont comme la diffraction en trois couleurs d’une seule et unique source de lumière. Ils composent tout ce que nous nommons « richesse ».

Qu’est-ce que la pauvreté alors ?

La pauvreté est l’absence de richesse. Elle provient souvent de notre incapacité à nous relier à la richesse naturelle qui nous entoure, au Beau, au Bon, au Vrai.

Pourquoi le mot “richesse” est-il si ambigu ?

Comme beaucoup de mots, richesse est ambigu car il nous enferme dans la partie matérialiste de notre réalité. Dans le sens commun, être riche veut dire avoir beaucoup d’argent et de biens matériels. Le contraire, être pauvre, signifie n’avoir ni argent ni biens matériels.

Je puis n’avoir aucune possession matérielle, et pour autant être l’homme le plus riche du monde, par ceux que j’aime et qui m’aiment, par la beauté naturelle qui m’entoure, du fait de ma santé, par ma capacité intérieure à cultiver le bonheur. Je puis être un multimilliardaire, et à l’intérieur de moi le plus misérable des hommes, entouré de corruption, d’avarice, d’intrigues, de superficialité… N’est-il pas intéressant que nous n’ayons pas de vrai vocabulaire pour parler de ce qui nous rend réellement riche ou pauvre ? Pauvreté et richesse entretiennent une des confusions ontologiques parmi les plus destructrices que je connaisse. Nous manquons d’un langage de la richesse.

Le vœu de richesse n’est-il pas identique au vœu de pauvreté que l’on rencontre dans de nombreuses traditions spirituelles ? Allez-vous devenir un mendiant ? Un SDF ?

Le vœu de pauvreté est présent dans chaque tradition spirituelle. Pour développer une conscience plus vaste, pour s’ouvrir au Divin, il ne faut pas se compromettre ni se laisser distraire ou emprisonner dans les possessions matérielles. Quitter les biens matériels est vécu comme une libération ouvrant la voie vers la vraie richesse.

Le vœu de pauvreté est souvent confondu avec mendicité et misère. S’il est exact que certaines voies spirituelles passent par la mendicité, la plupart des communautés spirituelles ont construit et généré d’incroyables formes de richesses. Elles proviennent des contributions de chacun dans un contexte d’économie du don. Regardons les monastères, les ashrams, les temples et la plupart des lieux de culte : il sont pour beaucoup entourés de beauté naturelle, élaborés avec les arts les plus raffinés de leur époque, organisés autour de principes économiques justes. Quand la spiritualité est authentique et vivante, aucune appartenance n’est proclamée sur cette richesse. C’est l’un des aspects profonds du vœu de pauvreté.

Aujourd’hui nous sommes dans un monde où la pauvreté matérielle et spirituelle ont atteint des niveaux sans précédent, où consumérisme et matérialisme constituent une nouvelle forme de pauvreté, où les personnes se mettent en esclavage les unes les autres pour de misérables salaires. Et pourtant nous sommes entourés de richesse. Elle est partout autour de nous, il nous faut juste apprendre comment la voir et comment y accéder. La question pratique sous-jacente est : de quel type d’intelligence collective avons-nous besoin pour accéder, construire, partager cette richesse au niveau global ?

Le vœu de richesse met l’emphase sur le fait que les formes matérielles de richesse peuvent démultiplier notre capacité à devenir des êtres et des sociétés accomplis, pour peu que les conditions ci-dessous soient remplies :

  • la richesse n’est ni ôtée ni volée aux autres (sans quoi la condition du Bon n’est pas remplie)
  • au contraire, la richesse doit être additive ; l’usage que nous en faisons doit être bénéfique aux autres et à l’environnement
  • Quelle que soit la richesse qui nous est accordée, nous ne devons pas nous en considérer comme les propriétaires, mais comme des administrateurs et des gardiens
  • La richesse matérielle est nourrie par notre éveil spirituel

Ceci étant dit, la façon dont ce vœu est nommé – vœu de richesse ou de pauvreté, ou quoi que ce soit d’autre – n’a pas beaucoup d’importance du moment que l’intention et l’expérience sont authentiques.

Ce vœu ne vous engage-t-il pas à avoir des relations exclusives avec ceux qui ont le même style de vie ?

Pas du tout. La générosité, tout le monde peut et sait la pratiquer. J’ai choisi une voie extrême pour en explorer les confins, cette voie n’est possible que parce que d’autres personnes sont généreuses avec moi, alors qu’elles gardent un mode de vie plus conventionnel. Les pionniers ne peuvent exister s’ils ne sont pas soutenus par une partie de la société, aussi minime soit-elle.

 

Questions sur les lois et les Nations

En n’acceptant plus d’argent, ne dites-vous pas intrinsèquement que vous ne reconnaissez pas les États-Nations ?

Pour autant que je sache, les États-Nations modernes sont fondés sur des constitutions. Aucune des constitutions que je connais stipule que la citoyenneté est définie par l’argent. Les citoyens sont liés autour d’accords et de valeurs. Le vœu de richesse a pour objet d’incarner sans concession ces accords, de les manifester à un degré d’exigence supérieur. Par exemple en France, je vois mal comment les valeurs universelles de “Liberté, Égalité, Fraternité” peuvent être honorées dans une société baignant dans l’argent conventionnel qui stimule prédation et compétition. Je veux faire tout mon possible pour que ces valeurs fondatrices des Constitutions des Nations soient respectées et appliquées à la lettre, ce que les Nations n’appliquent que très médiocrement.

Ce vœu déclare-t-il implicitement que vous ne reconnaissez pas à la société le droit de taxer ses citoyens pour le bien commun (routes, sécurité sociale, etc) ?

Au contraire. L’argent conventionnel dessert le processus de contribution et de solidarité sociales, du fait des effets pervers que nous lui connaissons (condensation, centralisation, rareté, opacité, propriétarisation, etc). Si nous voulons vraiment honorer nos contributions pour la collectivité, cela devrait être fait avec des monnaies appropriées.

Certains pays, ainsi qu’un nombre croissant de villes et de régions, ouvrent la voie vers des monnaies plus adaptées :

  • au Japon, le Fureai-Kippu est une monnaie-temps sociale qui soutient la solidarité de proximité, plus spécifiquement pour les personnes âgées ;
  • aux USA le gouvernement a donné une tolérance pour les banques de temps (time banking) ;
  • L’Union Européenne finance la monnaie sociale SOL en France ;
  • En Allemagne de nombreuses régions développent le Regio, une monnaie pour dynamiser les économies régionales…

Et la liste continue… Beaucoup de monnaies alternatives fleurissent dans le monde, elles sont toutes motivées par les dysfonctionnements de l’argent conventionnel. Un premier pas vers la libération complète vis-à-vis de ce système qui a fait son temps.

Un jour les monnaies libres deviendront légales, c’est juste une question de temps.

Comment allez-vous payer vos impôts ? Allez-vous exiger des gouvernements qu’ils acceptent les monnaies libres ?

Je paierai mes impôts en monnaies libres. Les autorités décideront si elles les acceptent ou pas. Je suis conscient que cela peut conduire à des situations difficiles ces prochaines années.

Ce vœu ne vous place-t-il pas au-dessus des lois ?

Une distinction ontologique est nécessaire ici. Un seul et même mot – loi – est utilisé pour désigner des principes supérieurs et universels, et pour désigner les choix circonstanciels destinés à réguler et arbitrer la société (en particulier au moyen de la jurisprudence). Afin de lever cette ambiguïté, nommons-les Lois Universelles (en majuscules) dans le premier cas, et lois circonstancielles (en minuscules) dans le second.

Beaucoup de lois circonstancielles sont en contradiction avec les Lois Universelles. Il y a deux raisons principales. L’une est que les lois circonstancielles sont souvent plus anciennes que les Lois Universelles. Elles portent en elles des idéologies du passé, inadaptées à notre époque (c’est le cas par exemple du Code Napoléon en France). L’autre raison est que les effets systémiques ou secondaires d’une loi circonstancielle peuvent provoquer un résultat contraire aux Lois Universelles. C’est exactement le cas avec l’argent conventionnel qui nous place en contradiction totale avec les Lois Universelles telles que l’égalité des chances et le droit à la sûreté de la personne, qui sont les piliers des constitutions modernes. Si l’on se réfère à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les articles 2, 3, 4, 17 et 25 ne sont pas respectés.

Le vœu de richesse s’inscrit dans les Lois Universelles, et postule leur prédominance sur les lois circonstancielles.

Y a-t-il une relation entre ce vœu et l’objection de conscience au service militaire, ou au fait de ne pas payer les impôts qui soutiennent la guerre ?

Bien que je suive les valeurs de paix, le vœu de richesse n’est né d’aucun problème actuel. Il est nourri par un chemin spirituel qui conduit à des choix pratiques et, autant que possible, invite à la créativité, l’innovation, à l’exploration de nouvelles voies.

Ceci dit, que l’on ne compte pas sur moi pour financer la violence, la guerre et l’armement, comme on y est obligés aujourd’hui.

Si les États faisaient ce que vous aimez, par exemple s’ils n’avaient pas d’armée, ou s’ils œuvraient diligemment contre la pollution, la pauvreté, etc, utiliseriez-vous alors la monnaie que ces États émettent ? Autrement dit, votre vœu est-il une objection aux mauvaises actions de nos gouvernements ?

La discipline de l’intelligence collective aide à comprendre comment les espèces sociales — celles de l’humanité en particulier — œuvrent en tant que systèmes, et comment un système monétaire structure une société toute entière. Nous démontrons que la pauvreté, la pollution, les inégalités sociales sont une conséquence de la monnaie rare. L’égoïsme, l’avarice, la pulsion de conquête et de domination font certes partie de la psyché humaine, mais ils sont, là encore, dans la plupart des cas, attisés par la monnaie rare, avec toute l’idéologie de prédation qu’elle engendre.

Donc les États, les grandes organisations, demeureront incapables d’évoluer vers des actions vertueuses et durables tout en continuant d’utiliser le système monétaire conventionnel.

Plutôt qu’une objection, ce vœu a pour but d’incarner une autre voie, tournée vers la vie celle-là.

Ce vœu exprime-t-il aussi quelque chose concernant la propriété ? Si vous payez quelque chose avec une monnaie libre, continuerez-vous de penser que vous le possédez ?

La propriété est une des marques de fabrique de l’intelligence collective pyramidale (la forme d’intelligence collective qui prédomine encore très largement dans nos sociétés).

Sur le plan de l’évolution de la conscience, le sens de la propriété (au sens de posséder quelque chose) est une étape temporaire sur l’échelle développementale d’un être humain. Un humain qui a suffisamment évolué spirituellement n’a aucune envie de posséder quelque chose, il préfère en être le serviteur, voire le gardien pour les générations à suivre. Les peuples premiers ont depuis longtemps socialement développé ce niveau de sagesse.

Étant donné que l’intelligence collective pyramidale et la propriété sont au cœur des sociétés depuis l’invention de l’écriture, il y a des chances pour que la plupart des personnes ne dépassent pas ce stade dans leur développement personnel, car rien ne les y encourage. Les gens restent enchevêtrés dans l’étoffe sociale de leur époque. Ceux qui veulent continuer l’aventure spirituelle et le chemin vers la liberté, réalisent que la propriété et la possession sont des illusions, des émanations mentales de mécanismes archaïques de peur et de séparation.

La relation que nous établissons avec les biens matériels est influencée par les moyens que nous employons pour y accéder : vol, conquête, troc, achat, prêt, cadeau, don…

La monnaie conventionnelle est rare, il faut la conquérir. Tout achat, aussi neutre puisse-t-il paraître lors de la transaction, est affilié à cette conquête originelle. Cet esprit de conquête, de compétition, de propriétarisation, de possession, est dans l’air, dans la culture, au point que nous n’y pensons même plus. Il infuse toutes les transactions effectuées en monnaie rare. Ce n’est pas le cas des monnaies “suffisantes”, qui sont en proportion directe avec notre capacité à échanger (comme l’air que l’on respire, on n’utilise que ce qui est suffisant pour nous). C’est encore moins le cas dans une économie du don, où nous recevons ce dont nous avons besoin pour être, et où nous offrons ce que nous pouvons offrir, sans que ce soit nécessairement basé sur un marché et une réciprocité immédiate.

Donc la nature même d’une monnaie provoque et perpétue certains états de conscience. Ils peuvent être prédateurs, archaïques, conquérants pour l’argent rare ; ouverts et généreux dans le cas de monnaies suffisantes ; compassionnels, dans le cas de monnaies régulant une économie du don. Nous aurons moins de chances d’être obsédés par la possession dans une économie des monnaies libres que dans celle de l’argent rare.

Rapidement, les gens se rendront compte en quoi les monnaies libres représentent un pas dans l’évolution de conscience de l’humanité, comme ce fut le cas pour l’écriture.

Êtes-vous affilié à un mouvement ou une idéologie politique ?

Non. Communisme, capitalisme, socialisme, anarchisme, libéralisme, royalisme… sont autant d’idéologies qui appartiennent à l’intelligence collective pyramidale, au passé. Elles n’ont plus aucun sens pour qui a migré vers l’intelligence collective holomidale, ou pour qui évolue vers l’humain universel.

Dans le cas où les monnaies libres réussissent, n’allez-vous pas reproduire le même monde qu’avant ?

Informez-vous, comprenez comment les monnaies libres fonctionnent. Mieux : contribuez à leur développement. Cela répondra à votre question.

N’est-ce pas encore un rêve utopiste ? Est-ce qu’on ne va pas retrouver encore les mêmes dangers de déshumanisation que l’on retrouve dans les utopies et les expériences d’ingénierie sociale ?

Les rêves utopiques sont dangereux quand ils ne sont pas validés par la réalité, quand ils n’intègrent pas les lois de l’univers. Une utopie dangereuse typique, c’est quand quelqu’un veut que chacun vivre en conformité à un modèle. Il y “industrialisation” de l’idée d’un seul vers tous les autres, ce sont les « -ismes » issus de l’ère industrielle. Boris Vian l’a si bien exprimé, lorsqu’il écrivait : “Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tout le monde, mais le bonheur de chacun“…

Les utopistes qui voulaient voler ont dû se confronter à la réalité et ses lois universelles. Cette utopie a été filtrée et polie par la réalité extérieure. Elle est devenue réalité.

Cette même confrontation au principe de réalité se produit actuellement lorsque l’on postule que la société civile peut concevoir et contrôler les monnaies qui expriment, mesurent, échangent ou produisent la richesse. Nous sommes confrontés à la réalité. D’ailleurs, n’est-ce pas cette même réalité qui nous montre de plus en plus à quel point le système monétaire actuel est un leurre ? Les monnaies libres n’imposent rien, elles ne font qu’offrir des outils aux gens pour s’organiser de manière transparente et démocratique. Rien n’est imposé.

Il y a un exemple qui illustre bien cela. Si j’offre à mon enfant un jouet déjà tout fait – par exemple un château – ce n’est pas la même chose que si je lui offre des cubes ou des Legos. Dans le second cas, il/elle peut infiniment créer, recréer, évoluer, sophistiquer ses créations devant ses besoins. Il est libre et souverain, alors que dans le premier cas une forme lui est imposée. C’est la même chose pour les monnaies libres versus l’argent.

Quant au vœu de richesse, c’est un choix personnel qui ne dicte rien aux autres.

 

Questions pratiques

Logement, voiture, électricité, assurance, habillement, transports collectifs… Autant de choses auxquelles nous accédons par l’argent dans nos sociétés. Comment allez-vous faire ?

A terme je ne pourrai y accéder qu’avec des interlocuteurs, physiques ou moraux, désireux de fonctionner avec les monnaies libres. Cela se réalisera étape par étape, une aventure que je relaterai dans mon blog.

Comment allez-vous faire avec la nourriture ? C’est un besoin quotidien !

La nourriture est certainement le dernier bastion où je continuerai d’utiliser l’argent conventionnel pendant un certain temps, histoire de rester en vie. Je mange simplement, mon régime est végétalien et à 80% cru, un contexte favorable pour construire des relations harmonieuses avec des producteurs locaux. Souvent mes amis proches me soutiennent en m’apportant de la nourriture. C’est appréciable !

Si vous tombez malade, l’accès aux soins se fait avec l’argent. Préférez-vous ne pas être soigné plutôt que de payer ?

Pour rappel, je ne me coupe pas de la société, encore moins de ses plus beaux principes de solidarité, bien au contraire ! Si je suis malade ou si j’ai un accident, j’entrerai dans le circuit de santé, et j’aurai droit aux soins basiques dispensés aux personnes sans ou à faible revenu. Bien que la santé soit payée au moyen des impôts en argent rare, j’espère un jour que les impôts en monnaie libre seront acceptés.

Garderez-vous un compte en banque ?

Non. Je sors du système bancaire et de la dette.

Avec beaucoup d’autres, j’espère que nous pourrons ainsi reconstruire et inspirer une infrastructure bancaire juste. Les banques ont un rôle noble à jouer dans la société, non pas en tant qu’institutions uniquement obsédées par le profit, mais en tant qu’administrateurs de la richesse et évaluatrices du risque.

Acceptez-vous l’or ou des métaux précieux en tant que monnaie ?

Non, car ils représentent les premières formes du modèle de la rareté. Je veux utiliser des monnaies qui ne créent pas de rareté artificielle, des monnaies suffisantes.

Comment épargnerez-vous pour la retraite ?

J’espère qu’entre maintenant et le moment de me retirer du monde, le système monétaire aura évolué vers les monnaies libres. Il y aura alors plein de systèmes de solidarité. En attendant, je ne crois pas une seconde à la pérennité du système actuel.

Est-ce que posséder une action d’entreprise, des parts dans un fonds, ou des obligations émises par le gouvernement est la même chose qu’utiliser la monnaie conventionnelle ? Ou s’agit-il déjà de nouvelles formes de monnaies émises par différentes organisations ?

La plupart de ces produits sont des dérivés ou des sous-produits de la monnaie conventionnelle, donc je n’ai pas l’intention de m’en servir.

Désormais la petite souris ne mettra plus de petite pièce sous l’oreiller de votre enfant lorsqu’il aura perdu une dent de lait ? :-)

La petite souris, qui a elle aussi envie d’évoluer, trouvera plein de nouvelles idées rigolotes, j’en suis sûr !

 

Relations avec les autres

Quoi qu’il advienne, vous allez accéder aux biens et services que les autres auront achetés avec leur propre argent !

Il faut voir cette démarche comme la naissance d’un nouvel écosystème. Aucun nouvel écosystème n’apparaît, comme ça par un tour de passe-passe. Un nouvel écosystème pousse sur l’ancien qui se dissout peu à peu et transmet ses nutriments. On y trouve donc des points d’alliance et de soutien mutuel, ainsi que des zones de friction.

C’est la même chose avec les monnaies libres. Au début, lorsque je voudrai faire mes courses dans un magasin du coin, je pourrai toujours demander à un ami de payer pour moi en euros, et je transférerai à cet ami un montant équivalent dans une monnaie libre de notre choix. Voilà cet ami qui va pouvoir ainsi faire circuler cette monnaie libre dans le réseau, et ainsi de suite. On voit que la transition peut être douce et harmonieuse.

A terme je compte accéder à ce dont j’ai besoin exclusivement au moyen des monnaies libres. Ainsi les personnes ou organisations qui recevront ces monnaies libres auront l’opportunité de s’en servir avec d’autres personnes ou autres organisations, et ainsi de suite, augmentant le cercle économique. C’est inclusif, attrayant, c’est un processus d’essaimage. Beaucoup de gens vont vite voir l’avantage que cela représente pour eux, et pour leur communauté. Viendra le jour où il y aura suffisamment de gens et de diversité pour qu’émerge un écosystème économique vertueux, durable et autonome. Ce système portera en lui plus de sagesse et de potentiel que celui en cours.

N’allez-vous pas vivre sur le dos de vos amis et supporters ?

La vie est une toile de soutien mutuel, nous ne pouvons vivre seuls. Nous avons besoin de nos amis, de notre famille, de nos voisins, collègues, pairs, ancêtres. Le vœu de richesse est la reconnaissance de ce terreau fertile dans lequel nous grandissons et que nous enrichissons à notre tour. Je veux que les relations avec mes frères et sœurs soient justes, fondées sur la générosité que nous nous manifestons durant les différentes phases de notre existence.

La différence entre générosité et marché, c’est que le marché implique une réciprocité immédiate : je te donne ceci uniquement si tu me donnes cela en retour. La générosité n’attend pas cette symétrie immédiate, elle est un acte de confiance en l’univers, en l’autre. De manière pragmatique, l’économie de la générosité est plus puissante et efficace que l’économie de marché. Mais jusqu’à présent, on ne savait pas appliquer ce principe à grande échelle, faute de technologies appropriées pour réguler la complexité que cela engage. Ce n’est plus un obstacle aujourd’hui.

Voilà pourquoi je m’engage à offrir – et ne plus jamais vendre – mes talents et capacités. Il me semble sain, sur ces bases, de savoir accepter cette même générosité en retour, d’où qu’elle provienne.

En ce qui concerne le fait de vivre sur le dos des autres, le système monétaire en cours fait que ¼ de l’humanité vit sur le dos des ¾ restants. Je ne crois pas que quiconque en immersion dans le système monétaire conventionnel soit en bonne position pour juger de qui vit au dos de qui.

Et pour finir, le vœu de richesse a pour but de créer… de la richesse, et ce pour tous. Me voici encore plus en capacité d’aider mon prochain que ce que l’économie classique me permet de faire.

Même si l’on est d’accord avec votre objectif, n’avez-vous pas choisi un moyen extrêmement compliqué et dangereux pour y parvenir ?

Les explorateurs ne connaissent vraiment le risque qu’ils ont pris qu’après avoir essayé. Tant qu’on n’a pas essayé, toutes les interprétations sont possibles.

Dans une perspective plus globale, je sens plus de risque — pour moi, et plus encore pour les prochaines générations — en perpétuant et en jouant avec le système monétaire en cours. C’est, quelque part, le dilemme de l’émigrant : émigrer le projette dans un futur risqué et incertain, mais cela demeure malgré tout un meilleur choix que de rester là où il est.

Ceci dit, au-delà de ces explications fondées sur le raisonnement, c’est un appel spirituel qui, au plus profond, me guide. Quel explorateur peut résister à l’appel du large ?

Avec combien de personnes comptez-vous échanger avec les monnaies libres ?

J’espère que bientôt l’humanité toute entière passera aux monnaies libres. Avec les crises présentes, tellement prévisibles car elles sont structurelles et non conjoncturelles, c’est plutôt bien parti.

Espérez-vous que d’autres prononceront le même vœu que vous ?

Je n’ai aucune attente spécifique. Cela relève d’un cheminement intime.

 

Votre travail

Pour quelles organisations travaillez-vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui, avec mes partenaires, je développe le CIRI (Collective Intelligence Research Institute), organisme de recherche fondé début 2011. Cet institut est à but non-lucratif, donc structuré en tant qu’association Loi 1901, de droit français pour l’instant, européen bientôt. Aujourd’hui j’en assure la présidence, mais cela ne sera pas toujours le cas.

Êtes-vous payé ?

Non, puisque la philosophie que je suis est celle de la générosité. Par contre il est normal que l’Institut me soutienne sur différents aspects de ma vie afin de pouvoir effectuer mon travail de recherche correctement.

Moralement, le type d’aide que je reçois est une ligne facile à délimiter. Légalement c’est beaucoup plus dur car toute forme de soutien ou d’accompagnement d’un membre du bureau est vite considérée comme une activité lucrative. Nous essayons de trouver le meilleur montage légal.

Comment le CIRI se situe en regard du vœu de richesse ?

Pour l’instant, et sur le moyen terme, le CIRI d’opérer de manière conventionnelle avec de l’argent conventionnel. Mon ambition est que le CIRI évolue vers les monnaies libres aussi vite que possible. Nous procéderons par étapes. Cela deviendra vraiment possible quand il le contexte humain sera solide et durable. Déjà nos séminaires fonctionnent avec les monnaies libres.

 

Questions plus personnelles

Allez-vous vraiment vous séparer de tout ce que vous avez ?

Presque. A part quelques petits objets sentimentaux qui m’ont été offerts et qui représentent des marques d’amour, je me sépare peu à peu de tout, par étapes.

Toutes les choses dont j’ai hérité vont aller directement à mon petit garçon et à sa maman. Ils décideront ce qu’ils veulent en faire, selon leurs propres choix et critères. Mon piano à queue leur est également transmis, même si j’en garde encore la jouissance. Si un jour ils ont besoin de le vendre, ils pourront le faire sans problème.

Donc aujourd’hui les seules choses qui me restent sont les affaires usuelles : mes vêtements, un peu de vaisselle…

Quant à l’informatique et l’électronique, ce sont des outils de travail. Ils appartiennent à l’institut.

Y a-t-il des choses qui vous manquent ?

Oui, certaines, dans une moindre mesure. Cela fait partie de l’expérience. Mais il y a tant d’autres cadeaux !

Comment voyez-vous le jour où vous allez définitivement arrêter d’utiliser la monnaie conventionnelle ?

Mon intention est de créer un rituel de passage avec mes amis. Ensuite, on verra.

Ce vœu n’est-il pas irresponsable en regard de vos obligations familiales ?

La voie que j’ai choisie l’est également au nom de mes obligations morales et familiales. Tout dépend de la distance à laquelle on regarde dans le temps. Reste-t-on à perpétuer le vieux système parce qu’on est enchevêtré dans le court terme, ou investissons-nous notre amour et notre énergie pour un meilleur futur ? J’ai fait mon choix.

Comment faites-vous pour l’éducation de votre enfant ?

Quant à l’éducation de mon petit garçon, son école, comme tant d’autres, est prise dans les affres de la sous-monétisation. Peut-être s’ouvrira-t-elle un jour aux monnaies libres, ce qui lui donnera enfin des coudées franches pour évoluer et se développer sereinement. Cela me permettra du même coup de pouvoir directement soutenir son éducation scolaire.

Pour l’instant, c’est une amie à moi, une merveilleuse amie, qui a pris en charge les frais scolaires de mon petit garçon. Quel cadeau !

Avez-vous peur ?

Parfois en surface, oui, un peu. Au plus profond de mon être, non.

Quelle est la principale difficulté pour vous ?

La transition en tant que telle, qui me confronte à de nombreux obstacles, le principal étant la colère, le jugement, l’incompréhension possible de mes proches.

 

Questions encore sans réponse

 

Ici je dépose les questions qui peuvent apparaître et qui n’ont pas encore trouvé de réponse. Je compte sur notre intelligence collective pour que ces réponses apparaissent !

Si le gouvernement n’accepte pas les monnaies libres sur le court terme, trouverez-vous d’autres manières d’honorer vos obligations envers l’État ?

Pour l’instant je n’ai pas encore de réponse. Il se peut que d’autres voies existent pour payer ses taxes et impôts qui ne soient ni des monnaies libres, ni de l’argent conventionnel. Certaines formes de services à la société peut-être ? En France n’avons-nous pas les travaux d’intérêt général ? L’avantage est qu’ils ne financent pas la guerre ou l’armement, et que cela crée du lien social.

Nous avons besoin d’être créatifs ensemble, car je rappelle que ceux qui cherchent de nouvelles voies monétaires œuvrent pour le bien commun, et non contre la société. J’espère que les gouvernements comprendront que ceux qui choisissent de quitter le système monétaire conventionnel sont des citoyens-explorateurs qui méritent soutien et attention.

Les lois sur les monnaies légales ne vous obligent-elles pas à accepter l’argent conventionnel comme paiement de la part de quelqu’un qui vous doit quelque chose ? Autrement dit ce vœu ne va-t-il pas faire de vous un hors-la-loi ?

Mon grand ami Eric Harris-Braun m’a écrit à ce sujet :

Eric>> [http://en.wikipedia.org/wiki/Legal_tender] “Legal tender or forced tender is an offered payment that, by law, cannot be refused in settlement of a debt, and have the debt remain in force.” There is a section in this article on France… The law, as I understand it, forces you to take it in payment of a debt. That if someone offers you money to cancel a debt you have with them, then you have to take it. I think this may require you to never have people be “in debt” to you. Which is probably possible with free currencies. But of course the legal tender laws may be some of those laws that are against the deeper Constitutions.

Traduction approximative du texte de wikipedia : « La monnaie légale, ou monnaie obligatoire, est un paiement proposé qui, de par la loi, ne peut être refusé en tant que règlement d’une dette, et qui permet à la dette d’être maintenue en force. » [Note de JF : désolé, c'est une pauvre traduction de l'anglais juridique avec lequel je ne suis pas familier.]

Ensuite Eric ajoute : Il y a une section au sujet de la France dans cet article…. la loi, telle que je la comprends, te force à prendre la monnaie légale comme paiement d’une dette. Si quelqu’un te propose de l’argent pour apurer une dette, alors il te faut l’accepter. Je pense que cela implique que tu n’aies jamais de personnes endettées avec toi. Cela est probablement possible avec les monnaies libres. Mais bien entendu les lois sur la monnaie officielle sont parmi celles qui vont, de manière plus profonde, à l’encontre des Constitutions.

JF>> Nous devons explorer… il existe probablement des subtilités entre la fonction de mesure de la monnaie, ici appliquée à une dette, et la fonction d’apurement de la dette qui devrait pouvoir s’effectuer par tout autre moyen (échange, travail, monnaies libres…), du moment que les deux parties sont d’accord.

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