Je viens récemment d’écrire pour une grande marque de parfumerie une proposition de journée stratégique : comment développer des produits ou des services parfaits ? Cette approche stratégique est aujourd’hui applicable par toute entreprise désireuse d’évoluer. J’ai décidé de partager le contenu de cette proposition sur mon blog car cette dernière n’a rien de secret. Elle pourra intéresser d’autres organisations.

La réalisation d’un produit parfait

Un produit parfait est un produit qui incarne et manifeste le Beau, le Bon, le Vrai.

Beau, car il porte en lui une esthétique, une joie de la création, qui touche directement toute personne entrant en contact avec ce produit (ou cette œuvre). Cela implique donc une créativité libérée de contraintes emprisonnantes. Les jeux de contraintes sont au contraire des facteurs qui catalysent la création artistique. Quelles sont les contraintes qui emprisonnent, quelles sont celles qui libèrent ? En quoi le contexte social, culturel et économique dans lequel les créateurs évoluent est déterminant ? Comment créer le bon contexte ?

Bon, car le produit fait du bien à tous, dans toute la chaîne de création de valeur. Il fait du bien aux créateurs, aux producteurs, aux fabricants, aux utilisateurs, à l’environnement, à la vie.

Vrai, car ce produit ne porte aucun mensonge en lui. Il assume ses forces et ses faiblesses, il engage une relation de confiance entre tous les acteurs dans toute la chaîne de création de valeur. Il est une manifestation du principe de réalité. Le principe de réalité nous enseigne et nous fait grandir, de même qu’à notre tour nous l’enrichissons et le transformons.

Stratégie

La dynamique du Beau, Bon, Vrai, n’est pas réalisable dans un contexte économique et social fondé sur la rareté des ressources et la compétition entre les personnes. L’objectif de réalisation d’un produit parfait, ou qui du moins tend vers la perfection, implique le fait de créer le contexte propice à son émergence et sa durabilité. Nous raisonnons donc en terme d’écosystèmes, autant biologiques que sociaux. Nous entrons dans les questions d’intelligence collective, et de l’économie qui la supporte.

Quel est le langage “technique” que doivent apprendre les acteurs pour se coordonner en ce sens ?
Quels sont les outils collaboratifs qu’ils doivent mettre en place ?
Quels contrats sociaux ?
Quel système monétaire ?
Quelles transformations intérieures, de manière à ne plus reproduire les anciens schémas, et nous ouvrir à d’autres possibilités ?
Comment passer à une logique de marché de masse à des logiques de marchés organiques, vivants, conscients d’eux-mêmes ?
Comment faire que le sens et la joie de créer ensemble devienne le moteur principal ?

Plan de la journée

Le matin est réservé pour partager des fondamentaux. Ces derniers nous donnent des mots et des cartes pour avancer ensemble et décider, sachant que les anciens mots et les anciennes cartes ne nous permettent d’avancer que sur le terrain qu’on connaît. Nous abordons donc :
  • Les différentes formes d’intelligence collective (IC): cela permet de bien comprendre dans quoi on évolue maintenant, et où l’on se dirige
  • Comment évoluer vers l’IC globale ? Conditions ? Quels choix personnels faut-il poser ?
  • L’économie de l’IC globale et les monnaies libres qui l’accompagnent
  • En quoi les monnaies libres sont exactement ce qui peut soutenir un marché durable et des produits “parfaits”?
  • L’opportunité que cela représente pour les entreprises et innovateurs d’aujourd’hui
  • Quels sont les prochains pas concrets ?
L’après-midi est tourné vers la créativité, le brain storming, l’ouverture à l’envie de relever un beau challenge : le produit parfait. Je suis là en tant que ressource, pour nourrir la réflexion, apporter des précisions, pousser hors des sentiers battus, aider à se connecter à la joie d’avancer en terrain inconnu, donner des perspectives.

Critères de réussite

Je propose de considérer la journée comme réussie, si :
  • les participants se sont appropriés des notions et cartes essentielles pour poser de vrais choix, tant individuels que collectifs
  • une voie possible apparaît clairement aux participants. Ils pourront choisir ensuite.
  • l’aventure pionnière tente certains (on ne peut attendre cela de tout le monde)

Conditions

Je demande que cette journée soit ouverte et considérée comme non-conventionnelle. Elle doit d’abord toucher le cœur et la mission de vie des participants, avant de s’inscrire dans quoi que ce soit d’institutionnel ou entrepreneurial.

Les participants ne viennent pas en tant que consommateurs d’un stage ou d’un intervenant. Il est clairement établi avec eux qu’ils seront sollicités et amenés dans de nouveaux paradigme.

Plutôt que de venir avec les “oui mais…“, ils viennent avec les “et si on…?

Ils laissent les téléphones portables et le contexte habituel de travail à la porte.

Création et échange de richesses

Dans le contexte conventionnel, TheTransitioner facture 4500 € HT une journée telle que celle-ci.

Ce n’est pas tout : nous souhaitons également fonctionner avec les monnaies libres. Il y a en effet plus de richesses dans l’échange que nous pouvons créer avec les monnaies libres que ce que l’argent conventionnel permet de couvrir. Servir le monde, avoir de la joie à créer ensemble, installer du sens, reconnaître et faire grandir nos talents mutuels, devenir un collectif apprenant, sont autant de richesses que nous pouvons co-construire et favoriser avec les monnaies libres. Elles nous engagent dans le temps et sur le sens.

Ceci dit, nos besoins actuels les plus pressants sont clairement classiques et vitaux : la trésorerie en argent conventionnel. Ces dernières années nous avons financé nous-mêmes toute la R&D, les voyages, les serveurs. L’essentiel s’est fait par notre travail, même si fort heureusement nous avons reçu des soutiens inattendus. Les conférences ont pour la plupart du temps été offertes. Les séminaires ont à peine couvert les frais directs. Il est temps aujourd’hui que le monde nous soutienne en retour, afin que nous puissions continuer notre service. Aujourd’hui TheTransitioner est financièrement exsangue (et pourtant tellement riche !), nous devons reconstituer un capital en monnaie classique.

Je mets dont une question dans une bouteille et la lance dans l’univers, ainsi qu’à toutes nos entreprises amies : allons-nous recevoir du soutien, des richesses, de la part d’autres personnes et organisations, de manière suffisante pour que nous puissions continuer notre travail et notre service ? Recevrons-nous des donation, du mécénat ? Conduirons-nous de l’action-recherche avec des entreprises partenaires désireuses de financer ces efforts, et de faire que les résultats soient offerts dans le domaine public ? Comment bien communiquer sur le fait que le travail de R&D que nous faisons est essentiel pour notre planète et son évolution ?

Une journée de réflexion telle que celle que je viens de décrire donne l’occasion d’explorer — ou plutôt survoler — comment nous pouvons créer ensemble des produits “parfaits”. Des produits qui construisent la vie au lieu d’en extirper les ressources, qui créent de la joie pour tout le monde, qui procurent un sentiment esthétique au plus profond de chacun, qui créent du lien social et du sens, qui nous apprennent des vérités sur la nature du monde. Une telle journée n’est-elle pas un bel investissement ?

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Crédits : la magnifique photo sur cette page est de Steve Wall et se trouve ici.
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