Quand les BonnesGueules me font causer…

Je voudrais ici une fois de plus saluer et remercier les BonneGueules, dont j’ai déjà abondamment parlé dans cet article. Ils continuent leur irrésistible progression, avec sérieux, humour, ingéniosité et pugnacité. Et en plus, ils se permettent d’interviewer un zozo comme moi et de mettre cet échange sur leur site, ce qui traduit leur ouverture d’esprit, leur curiosité et leur accueil.

Merci Benoît et Geoffrey, vous me faites beaucoup d’honneur et j’espère toujours m’en montrer digne !

 

⬇️ Cliquez pour voir l’interview ⬇️

Interview Jean-François Noubel par Benoît de BonneGueule

 

 


L’homme lunaire

La sainte folie du couple - Paule SalomonDans ses nombreux ouvrages, Paule Salomon rappelle que l’accomplissement amoureux peut commencer à se réaliser lorsque le couple intérieur de l’être a accompli son propre mariage, lorsque notre masculin et notre féminin, notre Shiva et Shakti, notre Yang et notre Yin vivent, vibrent et célèbrent pleinement au fond de notre psychisme. Libéré des mécanismes de manque et de compensation, l’être accompli devient androgyne. Il s’ouvre à la célébration joyeuse avec d’autres êtres comme lui nourris par l’union intérieure. Il n’y a plus deux êtres qui se rencontrent, mais quatre, offrant à leur danse amoureuse toutes les libertés qu’ils voudront s’accorder.

Paule Salomon parle ainsi de femmes solaires et d’hommes lunaires. J’admire la richesse de l’ontologie amoureuse que ses recherches lui ont permis de cultiver. Cette ontologie inspire mes propres travaux en intelligence collective, discipline traversée par ces mêmes questions du masculin et du féminin. Le narratif de Paule Salomon écrit également l’histoire des chemins que j’ai parcourus. Je me retrouve et me raconte en ses mots. On ne lit pas tous les jours sa propre histoire racontée par une autre personne !

Je voudrais ici partager un très beau passage du livre “La Sainte Folie du Couple“. Paule Salomon y détaille sa vision de l’homme lunaire mieux que je ne l’aurais jamais écrit. Cela m’a aidé à prendre conscience qu’il faut d’abord devenir femme solaire et homme lunaire pour vivre l’amour tel que je le décris dans ma série d’articles “Sexe, sexe, sexe“. Alors voici…

ADN a - Viviane-José Restieau
ADN a – Viviane-José Restieau

Les hommes lunaires, au sens de réconciliation des deux pôles, sont à un niveau d’évolution où le psychique a pris le pas sur le biologique. Sur le plan intérieur il se passe un phénomène important qui est celui de la présence à soi-même, à travers ce contact avec la femme intérieure. L’amour n’est plus autant au dehors qu’au dedans, ce qui n’exclut pas, bien au contraire, la femme extérieure. Les hommes lunaires sont très séduisants pour les femmes, car ils ont une dimension d’idéal en même temps qu’une grande souplesse. Pas de rigidité doctrinale, mais une souple bienveillance, une gaieté et une douceur venues de l’intérieur qui les rendent très attentifs à l’instant. Ils sont très présents dans l’amour, très “cellulaires”, comme la femme solaire. Tout leur corps est vibrant et ils aiment faire vibrer le corps de l’autre. Ce sont de merveilleux amants, indépendamment de la taille de leur sexe, de leur âge et de leur vitalité. Ils établissent une communication de peau à peau, un contact psychique, ils cherchent une communion d’âme. Ils aiment recevoir des caresses et s’abandonner, se couler dans une passivité féminine, solliciter le côté actif de la femme dans l’amour. L’harmonie entre les deux principes masculin et féminin leur permet de connaître une certaine plénitude intérieure qui leur fait vivre l’amour de manière différente. Les sentiments de possession, de jalousie, s’éloignent comme aussi les sentiments de rivalité, d’affirmation par la domination. Les besoins changent, les niveaux de plaisir aussi. L’harmonie du comportement ne répond pas à une exigence morale, mais à un besoin intérieur, à un goût. Il s’agit de coopérer avec l’autre comme on coopère avec soi-même avec la même amitié et le même plaisir.

Le poète apparaît, celui qui fait danser les mots, celui qui s’émerveille d’un sourire entrevu, d’une hanche qui roule, d’une poitrine qui se tend, celui qui fait pousser des fleurs, celui qui sifflote en voyant passer une femme, celui qui mange la couleur, celui qui dessine les parfums, celui qui habille le corps des femmes d’impalpable, celui qui ne sait qu’inventer pour aimer encore et encore cette féminité incontournable de la terre, de la vie, de la femme et de son âme.

Mais où est donc le terrible guerrier du patriarcat, celui qui veut sortir victorieux de toutes les guerres, qu’il crée dans une hâte répétitive tant il redoute l’inaction et son secret désir de contemplation ? Il est toujours là, mais son épée est au service du poète. Il n’est plus l’aspect dominant. Il s’est soumis à d’autres valeurs que les siennes, il entre volontiers au repos, le fameux repos du guerrier. Il garde l’intrépidité du chevalier pour s’investir dans l’action.

L’homme lunaire est libre, en voie de liberté. Il peut s’engager profondément et délibérément dans une relation comme il peut se garder de tout engagement, mais il y a une partie de lui qui reste irréductiblement et consciemment solitaire, sauvage, à jamais rebelle à toutes les structures. Il a une solitude heureuse et féconde qui lui permet d’entrer en contact avec son anima. Rabindranath Tagore décrit cette rencontre dans ces derniers poèmes :

Mariage intérieure - Lune SoleilUn jour de printemps, une femme se présenta
Dans les bois où je vivais en solitaire,
Sous les traits délicieux de la Bien-Aimée,
Elle se tenait près de l’arbre,
Se retourna et posa les yeux sur mon visage triste de chagrin.
D’un pas leste elle s’approcha et s’assit à mon côté.
Elle dit, me prenant la main :
“Tu ne me connais pas,
Et cela je ne le comprends pas !”
Je lui répondis :
“Ensemble nous construirons un pont entre nos deux êtres, pour toujours,
L’un à l’autre inconnus.

 

 

Ce puissant émerveillement est au cœur même des choses. Plus l’anima se précise sous la forme d’une image, d’une sensation, d’une musique, plus l’être est invité à vivre sa béatitude intérieure, plus il peut se poser dans l’immédiateté du présent et cesser de courir après une conquête toujours repoussée. L’homme lunaire a réussi à opérer une jonction entre le sexe, le cœur et parfois l’esprit. Cette jonction, même partielle, lui permet de rayonner d’amour, de gentillesse, sans complaisance. On est bien en sa compagnie, on ressent une chaleur, un bienfait qui peut augmenter dans l’intensité de l’échange.

 


Hommage aux amis de BonneGueule

Du junk food au junk fringue

Sweat shirts junkIl y a quelques années, dans la dynamique du vœu de richesse, je pris conscience que la recherche et l’expression du beau, bon, vrai que j’avais faite dans bien des domaines (alimentation, corps, langage, etc), je ne l’appliquais pas dans la façon de me vêtir. Je m’habillais exactement comme certains s’alimentent dans les fast food. Aller dans les magasins de vêtements relevait d’une torture que je m’infligeais tous les 2-3 ans durant les soldes. A peine le pied dans un centre commercial, j’avais envie de fuir tellement l’ambiance tirait mon énergie vers le bas, et tant la variété, la vanité et la superficialité des choix me décourageait.

Soudain conscient de cette ignorance, je me dis qu’il devait bien exister des sites conseillant les hommes pour qu’ils apprennent à bien s’habiller. Deux clics plus loin, j’atterrissais sur BonneGueule.fr.

 

BonneGueule.fr, la mode masculine intelligente

A l’époque, il s’agissait encore d’un blog. Pourtant il m’apparut immédiatement que les deux instigateurs, Benoît et Geoffrey, incarnaient l’avenir, celui de l’économie de l’expérience (voir conférence “l’innovation par l’intelligence collective” à ce sujet). En partageant généreusement et sans complexes leur extraordinaire expérience du vêtement, de la mode, du cheminement personnel, du sens de la qualité, les fondateurs de BonneGueule.fr aidaient une communauté grandissante d’hommes à développer une relation profonde avec le vêtement.

Guide de l'homme styléJe lus avec avidité et délectation leur premier “BonneGueule Book” (suivi plus tard du “Guide de l’Homme stylé… même mal rasé” et du BonneGueule Book II juste sorti), puis dans la foulée, je profitai des soldes d’hiver pour refaire toute ma garde-robe. Je découvris les petits magasins et créateurs du Marais à Paris, j’appris à quelle grande marque faire confiance ou pas (on a des surprises), je développai mon jugement sur les matières, les couleurs et la qualité, je devins enfin capable de voir si un vêtement taillait bien sur moi, et quels assemblages pouvaient exprimer ma personnalité. Plutôt que de chercher, j’eus aussitôt l’impression que chaque vêtement juste me trouvait, sans effort. Arpentant mes premiers magasins, je ressentis la même exultation qu’un chercheur d’art. Je découvris le plaisir joyeux, sensuel et érotique de porter un vêtement qu’on aime, et de réaliser combien le vêtement constitue la première manifestation de soi, à fleur de peau. Rien à voir avec la mode et son dictat, même si l’on s’inscrit dans les courant de notre époque. Rien à voir non plus avec le consumérisme. En constituant une garde-robe juste, de qualité, esthétique, faite pour durer longtemps, et ce au moment des soldes, j’eus l’agréable surprise de voir que j’avais dépensé autant que les achats “junk” des années précédentes.

Cette démarche s’inscrivait en harmonie avec le vœu de richesse et la philosophie pratique de l’économie du don. Faire circuler avec conscience l’argent que l’on m’offre implique de ne pas soutenir le junk (food, vêtements, services), point final. Je préfère payer plus cher, beaucoup plus cher même, et attendre le temps nécessaire, afin de souvenir les filières durables, créatrices, artistiques, fertiles en rapports humains. Je le fais depuis longtemps pour la nourriture ; bien m’habiller me fit prendre conscience comment cette démarche devait s’appliquer à tout flux d’argent, peu importe le type d’achat.

Vers l’économie de l’expérience

Benoît et GeoffreyRetour à nos amis de BonneGueule et à leur blog de mode masculine. Je pris contact avec eux et fis connaissance avec leurs fondateurs, Benoît et Geoffrey. Différents et complémentaires l’un de l’autre, j’admirais leur bon sens, leur détermination, et le fait que, sans le savoir, ils incarnaient les modèles de richesse de demain.

L’économie de l’expérience nous montre que le produit ne devient plus une finalité, mais le catalyseur d’une expérience. Une expérience qui se construit dans les communautés, les conversations (cf Cluetrain Manifesto), le pair-à-pair, le partage inconditionnel et gratuit d’expérience, la transparence absolue, et la confiance. Demain (en fait aujourd’hui déjà), on investira nos richesses dans les produits qui catalyseront cette expérience (un vêtement qui incarne une histoire, des valeurs, un savoir-faire, une culture, des amis…), ainsi que dans les services qui nous aideront à construire cette expérience (conseils, évaluations des progrès, monnaies libres, accompagnement, rencontres, collectifs…).

J’eus de nombreuses discussions avec Geoffrey et Benoît sur ces sujets. Nous devînmes amis. Cela nous conduisit tout naturellement jusqu’à Centifolia 2013, où Geoffrey eut l’occasion, en anglais s’il-vous-plaît, de partager l’expérience acquise en tant que jeunes entrepreneurs. Une magnifique conférence dont j’admire la sincérité, la véracité et la vulnérabilité. Je vous laisse découvrir…

http://www.youtube.com/watch?v=-OmYQvCsMX8

Et voici qu’aujourd’hui BonneGueule devient une marque de création de vêtements. Cela s’inscrit dans leur évolution naturelle. J’adore leur annonce. Ecoutez bien dans la 2ème partie de cette vidéo, la façon dont Benoît parle du t-shirt qu’ils ont designé. Ses propos incarnent exactement l’économie de l’expérience.

Prochains étapes et pièges (à éviter)

Dans les prochaines étapes à franchir, sur le beau (créativité, esthétique…), pas de souci, nos amis de BonneGueule vibrent. Ca kiffe sévère de ce côté 🙂 Ma boule de cristal me révèle des pas supplémentaires vers le bon et le vrai (en tant que vegan j’ai arrêté le sacrifice d’animaux).

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Un livre qui pourrait inspirer…

Concernant le bon, l’environnement et le social restent encore les grands absents dans le monde de la mode. Côté environnement, je sais que de nombreux challenges demeurent quant au choix des matières dès qu’on veut faire du beau (teintures notamment). Côté social, je crois fondamentalement à l’importance de rendre transparentes les conditions humaines dans lesquelles on fait fabriquer un vêtement. Des prix raisonnables, certes, mais à quel prix, justement ?

Concernant le vrai, BonneGueule manifeste une belle transparence sur ce qu’ils vivent, sur leurs choix, leurs pérégrinations et même leurs erreurs. Reste à étendre cette posture à tout l’écosystème de fabrication, ce qui nous ramène au bon.

Justement, ce souci de la richesse intégrale, sujet que j’évoque souvent avec eux, devrait les amener à développer une labélisation multidimensionnelle du vêtement. Concrètement, il s’agit de trouver une constellation de labels qui exprimeront la richesse d’un vêtement dans son aspect multidimensionnel. On a bien sûr les notes environnementales, sociales et santé. En ce sens, une coopération avec un acteur comme GoodGuide pourrait s’avérer fructueuse à terme. BonneGueule peut peut-être s’intéresser de plus près au Higg Index, même s’il s’avère encre très jeune et peu ouvert. On peut également ajouter des notes qui mettent en avant les petits créateurs face aux grandes marques, qui soutiennent une économie locale, qui reflètent l’aspect technique d’un vêtement, ou son aspect artistique, etc. A eux d’y réfléchir. Je pense que cette approche permettra de tirer la mode vers le haut. Elle pourrait inspirer toute la filière, au-delà même de notre petit village gaulois.

 

Enfin, pourquoi BonneGueule ne deviendrait pas une B-Corporation (voir conférence Centifolia 2013) ? Ils en ont le profil et les qualités.

Victimes BangladeshDans la rubrique des pièges à éviter, j’y vois ceux que l’argent rare pose systématiquement sur le chemin du succès. En particulier, tirer les prix vers le bas pour garder ou conquérir des parts de marché pousse à la tentation incessante des externalités négatives. Une externalité négative se produit lorsque, pour économiser ou gagner plus d’argent, on fait payer à d’autres les conséquences négatives de nos choix. Par exemple lorsqu’on fait travailler des gens sous-payés, on produit de la pauvreté ailleurs dans le monde. Ou lorsqu’on pollue, on reporte sur l’avenir, en particulier les générations futures, les conséquences systémiques que cela va provoquer. Eviter les externalités négatives implique d’intégrer cela dans les investissements présents. La démarche consiste à produire des écosystèmes humains et biologiques meilleurs après qu’avant. L’économie classique, construite sur l’opacité et le rapport qualité-prix, va dans le sens exactement contraire. L’économie de l’expérience, fondée sur la transparence, la richesse intégrale et l’holoptisme, commence à savoir appréhender ces holistiques et non-linéaires. Reste encore beaucoup à faire. Des startups comme BonneGueule, ainsi que tout l’écosystème humain qu’elles catalysent ne peuvent qu’y gagner.

Et puis…

JF Noubel supermanEt puis BonneGueule focalise aujourd’hui sur la jeune génération. Normal, Rome n’a pas grandit en un jour. Il y a les autres générations auxquelles parler, la mienne, et celle de mon fils Estéban. La mienne, je n’ai pas beaucoup d’avis dessus car mes choix de vie m’en éloignent assez radicalement. En fait, sans vouloir faire une crise de jeunisme propre à la cinquantaine, je me retrouve beaucoup plus dans la génération d’Estéban. De quels vêtements aura besoin cette génération ? Les mêmes que ceux que je recherche aujourd’hui pour moi : des vêtements à la fois élégants, techniques, nomades, et éthiques.

Mais voilà une autre histoire… j’en parlerai bientôt.

En attendant, les amis, venez vous aussi vous composer une BonneGueule !


Michèle Decoust, une aventurière accomplie, et une grande amie

Cela faisait longtemps que je voulais écrire sur Michèle Decoust. D’une part parce que j’admire son parcours d’aventurière, de romancière, d’exploratrice, de pionnière, d’autre part parce que nous vivons une profonde amitié qui n’a jamais diminué depuis que nous avons fait connaissance, en 2006. Michèle Decoust a voyagé partout, du fin fond du bush australien aux pays d’Amérique Latine, des grandes mégapoles au fin fond d’une jungle équatoriale. En bonne aventurière, elle continue inlassablement. Pour en savoir plus sur elle, allez visiter son site, vous verrez l’étendue de son aventure de vie.

Michèle Decoust et JF à AurovilleNous avons, en quelques années, vécu déjà tant de choses ensemble ! D’incroyables séminaires d’intelligence collective dans le sud de la France, de nombreuses conférences ici et là, et tout récemment un formidable séjour ensemble à Auroville en Inde. Nous voici, en compagnie d’Uma (fondatrice d’Upassana et à l’origine des Tsunamika), ainsi que Julie, ma bienaimée (je vous laisse déduire laquelle a une origine indienne, et laquelle a le teint plutôt français…).

Au-delà des aventures, j’adore nos franches rigolades. Car avec Michèle, la bonne humeur fait partie du package.

Michèle possède aussi un sens profond de l’amitié. Elle a toujours manifesté sa présence et son immense générosité, sans réfléchir. Chaque fois que je pose les pieds dans la capitale française, son petit 2 pièces m’ouvre grand ses portes. Etant donné que Michèle a toujours eu l’habitude de vivre sur un bateau, on pourrait vivre dans un placard avec elle sans sentir la moindre promiscuité. Une rare qualité.

Auroville

Auroville ? Justement, voici une passion depuis longtemps vécue, suivie, animée et documentée par Michèle. Elle a réalisé deux remarquables documentaires ces dernières années, l’un complémentant l’autre.

Le premier, “Auroville, une terre pour demain” explique l’incroyable aventure, le courage et la persévérance qu’il a fallu à ces pionniers pour, d’un désert aride, faire jaillir une ville au cœur d’une végétation luxuriante. Ce documentaire essaie d’expliquer les aspects extérieurs, objectifs et visibles.

Le second documentaire, “Auroville, le lien d’or“, s’attaque à une partie beaucoup plus difficile : l’invisible. Quel lien invisible — le lien d’or — peut ainsi relier des gens aussi divers que variés dans une aventure aussi impossible et improbable qu’Auroville ? Pourquoi ces personnes ont-elles tout quitté ? Quelle flamme les anime intérieurement ? En quoi leur ardeur spirituelle se distingue de tout aspect sectaire ou religieux ? Qu’ont-elles atteint après toutes ces années ?

Pour qui se pose la question du vivre ensemble, et de l’évolution de notre conscience, je recommande ces deux documentaires. Pourquoi ? Parce qu’Auroville représente une expérience réelle. Bien loin des déclarations de belles intentions, nous rencontrons ici des gens qui se confrontent à une question très concrète : existe-t-il une façon universelle de vivre ensemble, sans tomber dans un modèle imposé ? Comment accueillir nos différences et la diversité ? Comment vivre pleinement la conscience humaine sur le plan social, sans la cacher ? Comment dépasser les limitations que toutes les sociétés ont rencontrées depuis la nuit des temps ?

Evidemment ces deux documentaires ne répondent pas à tout, loin s’en faut. Mais reconnaissons à Michèle qu’elle a relevé un pari difficile, presque impossible, à savoir de mettre en images des aspects fondateurs de cette extraordinaire aventure, Auroville.

Je voulais donc ici saluer et recommander cette œuvre en particulier, au milieu d’un océan d’autres créations de Michèle.

Et partager avec tous la chance et la joie d’avoir une telle amie.

Ma Mimi, amène-toi vite que je te fasse de gros bisous !

Gros bisou


PS : cet article, comme tant d’autres, a besoin d’une traduction anglaise. N’hésitez pas à m’écrire si l’envie vous prend de faire cette traduction !


Epistémologie de la passion – André Moreau

Le texte qui suit vient de l’ouvrage d’André Moreau : “L’effort est le signe de l’erreur” – achetable en livre papier sur le site d’André Moreau, ou téléchargeable sur Lulu.com

J’en admire la précision, la véracité, l’humour, l’oser être, pleinement, totalement. Et pas de fausse humilité, l’une des nombreuses manifestations de l’arrogance et de l’ego. Le court extrait vidéo à droite vous donnera un peu plus de contexte sur cet homme que j’ai découvert avec délectation et qui aujourd’hui compte parmi mes amis.

andre_moreau_283x429Quand j’explore les ressorts de l’action chez un individu éveillé, je constate qu’il est mû par une force d’exécution de la pensée qui tient des meilleurs pilotes «Top Gun» de l’aviation américaine. Ces gens-là vivent une tension extraordinaire. Ils manipulent des engins fabuleux qui coûtent des centaines de millions de dollars et peuvent dévaster une ville entière. Ils circulent en plein ciel à des vitesses plusieurs fois supersoniques, faisant vibrer des tonnes de métal sous leurs fesses en volant comme des anges. La moindre erreur peut leur être fatale et pourtant, ils doivent fonctionner au centième de seconde. Il y a beaucoup de cette urgence et de cette précision technique dans la passion de l’homme éveillé. La masse gigantesque qu’il sent derrière lui n’est pas celle d’un TA-4 Fighter, mais celle de son être absolu, infini, magistral, éternel. Il n’est pas soutenu ici par une masse de métal conçue comme représentation, mais par une force pensante totale qui embrasse toute la vie. Cet être, cette immensité qu’il porte en lui n’a rien à voir avec un Dieu transcendant qui le protégerait. C’est une puissance dangereuse qui se nourrit de ses pensées. Elle est sous sa domination. Que va-t-il faire avec cette énergie qui peut se déchaîner à tout instant et se veut complètement inutile en soi, bien qu’elle puisse faire se mouvoir les mondes ? L’éveil, c’est l’accession de l’esprit à une maîtrise supérieure qui peut entraîner l’homme à sa plus parfaite réalisation comme à sa plus totale destruction. Certains trébuchent sur une expérience vaste qui les plonge sans crier gare dans un monde pour lequel ils ne sont pas prêts. D’autres voient venir de loin cette expérience tout embrassante qui vient les délivrer des lenteurs, des opacités, des imprécisions de la vie empirique. J’ai toujours pensé que j’étais engagé dans un combat pour la reconnaissance consciente de l’absolu que je suis. Il n’est aucun de mes gestes qui ne soit orienté vers ce but qui consiste à m’actualiser comme être à l’infini tout en rendant manifeste l’énergie qui constitue le noyau ultime de chaque conscience libre. Ce déchaînement d’énergie, de réalité et de force est plus fort que la politique, la finance, la technologie, le droit, le sexe et la mort. C’est un acte suprême au moyen duquel je m’initie à la vie divine en me donnant l’être, en vivant le tout, en pensant l’impossible. Un jour, on repensera à tout ce que j’ai dit et écrit. Une civilisation naîtra de ma philosophie. Les petits-enfants de ceux qui me méprisent actuellement trouveront leurs grands-parents bien ignorants de m’avoir méconnu et voudront savoir qui je suis. Ils n’auront qu’à composer mon numéro de téléphone, car je serai toujours parmi eux en train de créer, de provoquer mes concitoyens et d’exprimer mon être. Mais de façon plus parfaite encore, c’est en actualisant leur «Je suis» qu’ils parviendront jusqu’à moi. Ils me verront sourire dans leurs pensées. Et tandis que les gens de l’époque actuelle ne seront plus que de vieux débris, je serai toujours jeune et passionné. 


Les actes manqués de l’intelligence collective pyramidale

Une amie m’écrivait ce matin : “Mon école vient de me supprimer deux postes pour m’encourager à poursuivre le déploiement du projet […] ! Je devais les confirmer en CDI mais la conjoncture étant mauvaise, les dirigeants se sont opposés à toute confirmation de poste ! Même si j’ai la foi, le doute s’installe quant à mon avenir à […] pour poursuivre cette expérimentation.

Conditionnement scolaire
“Eloigne-toi de la fenêtre ! Tu ne veux pas devenir une enfant en retard non ?”

Quel projet ? Une pédagogie dans laquelle les étudiants composent eux-mêmes leur chemin, auto-apprennent dans un environnement “nutritif” et stimulant composé d’animateurs dévoués et passionnés qui les accompagnent dans leur quête. Là, les étudiants se développent de manière intégrale, ouvrant leur intelligence intuitive et émotionnelle autant que mentale-rationnelle. Et tout cela avec du web 2.0, des médias sociaux, de la mobilité, de la relation et du lien, de l’humilité et du questionnement de soi.

Et pas de budget. Une histoire déjà entendue quelque part, non ?

Regardons les choses en face. La vision et le projet que mon amie porte questionnent en profondeur les principes mêmes qui régissent l’institution qui porte l’enseignement aujourd’hui. L’école et les universités sont un modèle obsolète, totalement conforme à la vision industrielle du XIXème siècle, celle qui nous voit comme des “contenants” dans lesquels il faut déverser de la connaissance, et ce, à la chaîne. Il n’y a pas de hasard si l’univers de l’enseignement se définit autour de mots tels que “programmes”, “filières”, “sections”, “niveaux”, “évaluations”… Une ontologie mécanique, minérale, déterministe, prédictive, orientative, qui ne laisse pas grand place aux dynamiques naturelles du vivant, à l’organique, au chaordisme.

Ainsi donc, par une série “d’accidents”, d’actes manqués –budgets serrés ou coupés, ratés, peurs, croyances, lois et régulations, des rumeurs, avarice du temps, principe de Peter, pour en nommer quelques uns– le corps de l’intelligence collective pyramidale rejette tout ce qui peut le mettre en danger. Ces actes manqués opèrent tels des anticorps dont la fonction consiste à éliminer les projets et visions innovants, à les discréditer ou les décourager, pour au bout du compte éradiquer tout ce qui menace la structure profonde du corps collectif. Il ne sert à rien d’incriminer tel ou tel responsable qui bloque les choses, il/elle vous dira qu’il/elle a des obligations du fait de sa fonction ou de l’idéologie qu’on l’a chargé d’incarner. Rien de personnel, bien sûr… Il/elle ne constitue qu’une partie d’un système qu’il faut comprendre dans son ensemble. Il/elle existe grâce à ce système qui lui a donné ce pouvoir. Et malgré tous ces obstacles, ici et là, les petites cellules pionnières demeurent, s’inter-connectent, se coordonnent, construisent de nouvelles capacités en intelligence collective holomidale, et continuent ainsi d’ouvrir la voie pour la grande mutation. En intelligence collective, ces mécanismes nous sont bien connus. Quiconque évolue dans de tels contextes d’IC pyramidale devrait devenir familier avec ces dynamiques. Voilà qui offre moins de déceptions et plus de stratégies.

L’évolution se joue à la crête des écosystèmes, aux confins de l’ancien et aux murmures du nouveau. On y croise des zones de turbulence, faites de conflits et de quelques lieux fertiles. Des espaces souvent brutaux dans lesquels les pionniers ne peuvent que faire aveuglément confiance aux forces d’évolution qui les traversent et les animent. Ici on doit se fier à sa propre expérience de transcendance, un fil d’Ariane qui nous guide depuis le fond du dédale, là, à l’intérieur, alors que tout démontre l’impossibilité de chaque pas.

J’ai beaucoup de gratitude pour cette amie — et pour tous mes amis pionniers — pour la dévotion qu’ils portent en eux, pour ces batailles qu’ils mènent dans ces vieux corps collectifs (entreprises, écoles, administrations, gouvernements…) à intelligence collective pyramidale mus par l’économie de la rareté.

Méditons, posons-nous. Que l’immobilité intérieure dirige nos pas. Laissons les forces d’évolution nous imprégner. Elles nous offrent compassion et patience. Comme l’eau, elles taillent les rochers.


Ma sœur de lumière Viviane-Josée Restieau

Je voudrais vous faire faire connaissance avec une personne extraordinaire, une personne d’exception qui, dans tous les aspects de sa vie, se manifeste par la lumière. Il s’agit de Viviane-Josée Restieau.

Viviane est une grande, très grande artiste. Je la tiens pour une des artistes les plus éclairées de notre époque (on peut le dire !), de ceux que l’Histoire retiendra probablement a posteriori, tant notre époque n’est pas encore tout à fait prête pour l’accueillir. Tant de lumière, tant de conscience se manifestent de ses œuvres, que l’on voit chez certains le petit diaphragme de l’âme se refermer. Sont alors invoqués une histoire de “goût personnel” ou de non sensibilité, ou quoi que ce soit d’autre. Pourtant l’art que manifeste Viviane est universel puisqu’il s’agit de pigments de lumière, de vibrations qui siègent en tous les êtres. Cet art n’appartient à aucune culture, aucun canon artistique, aucune mode, aucune époque, aucune croyance. Il transcende tout, il est universel, il est univers. Pas étonnant que les enfants y soient immédiatement sensibles. Ils n’ont pas encore été enfermés dans les cages culturelles ni suffisamment coupés d’eux-mêmes. Le diaphragme de leur âme reste grand ouvert.

Vivane est une personne toute simple, d’un visage poupin et lisse, avec de grands yeux bleus emplis d’amour et de candeur qui vous regardent jusqu’au fond de l’âme. Comme le fait un enfant. Que l’on ne s’y trompe pas : autour de ce regard d’enfant se sont enroulés de nombreux printemps (je ne dévoilerai pas son âge, à elle de le dire), donnant corps à une sagesse atemporelle, enracinée dans le sol, dont les feuilles se nourrissent de lumière. Viviane EST lumière, elle EST son œuvre et son art tout entier. Pas besoin d’être sophistiqué ni savant, quand la source de vie est là, cristalline.

Viviane est ma sœur de lumière. Une source inépuisable de joie, d’amour, de rires, de simple présence. Ensemble nous voyageons dans les mondes invisibles, bien au-delà des sens. Nous visitons les espaces-sources, admirons les arabesques et  vibrations akashiques qui font danser nos âmes. Il n’est rien de plus réel que ces espaces. Ce que nous nommons “réalité” révèle alors sa supercherie et laisse tomber ses atours. Elle devient une grande farce qui nous fait bien rire.

Je pourrais continuer à l’infini pour parler de Viviane. Mais je préfère maintenant vous laisser la découvrir, et, qui sait, peut-être la rencontrer un jour. Cela tombe bien, elle expose pas plus tard que demain (ce post étant publié le 16 juin 2011).

Si vous voulez lui rendre visite, si vous souhaitez entrer dans sa maison-lumière (cachée dans une anonyme rue de Montreuil), n’y allez pas comme ça. Ne venez pas consommer son œuvre ou sa douce présence. Préparez-vous avant. Faites-en un pèlerinage, offrez-le à vous-même et à l’univers, méritez-le. Méritez Viviane. Une fois passé le seuil de sa porte, ôtez vos chaussures, n’amenez pas les miasmes de la ville, vous entrez dans un lieu sacré, un sanctuaire. Profitez de la beauté du petit jardin de fées où bat le cœur de la maison lumière. Ouvrez votre âme, et laissez les œuvres opérer. Tout au fond de vous-même, là où siègent les mémoires d’avant votre naissance.

Lorsque vous partez, soyez reconnaissants. Laissez une offrande, quelque chose qui permette au lieu et à Viviane de vivre, de fleurir, de continuer à offrir des fruits. Car voyez-vous, en Être de don et d’amour inconditionnel qu’elle est, Viviane n’a jamais voulu se vendre ni se corrompre dans l’économie de marché. Une œuvre appartient à tous. Les œuvres que vous verrez vous appartiennent. Prenez-en soin, prenez soin de Viviane, soyez avec elle comme vous seriez avec l’arbre dans votre jardin. Il vous donne, vous lui donnez en retour.

En vous souhaitant un magnifique voyage !

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Le site internet officiel de Viviane : Lumière des Mondes

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Invitation Viviane-Josée Restieau - Expo juin 2011


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