Trois raisons pour lesquelles je ne crois pas à la COP 21

Voici une petite vidéo faite à la volée la veille d’un départ en voyage, le 1er décembre 2015. Veuillez m’excuser pour sa mauvaise qualité. J’ai jugé plus important de partager quelques points de vue au fil de l’actualité que d’attendre les conditions pour un bon tournage et montage.

En résumé :

    1. L’intelligence collective pyramidale s’avère totalement incapable de gérer la complexité du monde d’aujourd’hui. Pire, elle l’a créée, donc seul un système social plus vaste, plus embrassant, plus conscient et plus intelligent peut prendre le relai. Cela participe de l’évolution du vivant.
    2. Nous évoluons dans un monde à conscience encore majoritairement socio-centrée. L’intelligence collective pyramidale se construit sur ce type de conscience. En même temps, nous voyons un mouvement global s’opérer vers une conscience mondo-centrée, qui ne peut reposer sur l’intelligence collective pyramidale, et qui, de fait, donne naissance à la forme suivante : l’intelligence collective holomidale. En attendant, nos chefs d’Etat et dirigeants vivent par la conscience socio-centrée et ne peuvent en conséquence incarner l’avenir, même s’ils le voulaient.
    3. L’argent s’avère une technologie ad hoc pour l’intelligence collective pyramidale. Ca a servi ces derniers milliers d’années. Mais pour une économie systémique, durable, intégrale, à la fois locale et globale, fondée sur les systèmes ouverts, l’open source, l’open innovation, l’argent devient toxique et tout à fait inadéquat. On ne pourra jamais résoudre les enjeux de la COP 21 avec la technologie argent. Il nous faut donc passer aux technologies post-argent.

Non aux gaz à effet de s...

 


A un souffle de distance ?

“Je” de miroirs

Climate change breakthrough technology

On parle sans cesse de l’évolution de l’humanité sur le plan technique, pétri d’une vision matérialiste de la réalité. Voilà une des signatures de l’intelligence collective pyramidale qui ne sait voir et comprendre le monde que par le dualisme du mental.

Si la plupart des analyses prospectives s’avèrent pertinentes, elles n’en laissent pas moins de côté l’évolution intérieure de l’être qui ne peut manquer de se produire conjointement avec l’évolution extérieure du monde. L’Homme a-t-il inventé le feu qui a changé l’Homme, ou l’Homme a-t-il inventé l’Homme qui a inventé le feu ? Même question pour l’écriture, l’imprimerie, l’aviation, l’informatique ou Internet. On ne saurait séparer l’évolution subjective intérieure de l’évolution objective extérieure. Quant à savoir de quel côté ça commence, on entre dans une question de poule et d’œuf. L’être subjectif initiateur et l’être objectif créateur s’inventent mutuellement dans un jeu de miroirs infinis.

Architectures invisibles: l’ADN social

Il n’en demeure pas moins que l’intelligence collective pyramidale met aujourd’hui des sommes colossales dans l’évolution technique et tout ce qui peut se matérialiser dans un produit ou service à vendre. Soit.

Social DNA barcodingCe faisant, elle passe à côté de l’évolution intérieure de l’être. Pourtant cette évolution ne nécessite pas nécessairement des années de développement personnel. Il suffit parfois de changer quelques codes dans les architectures invisibles qui nous structurent individuellement par le jeu du collectif. Les architectures invisibles touchent à tout ce qui détermine nos comportements, notre façon de voir le monde, de penser, de décider. L’ontologie (la façon dont le langage construit notre réalité), l’argent, la doxa (les croyances non-fondées constitutives de nos sociétés), notre construction sociale du temps, l’alimentation, les codes sociaux constituent autant d’architectures invisibles au cœur desquelles nous nageons, tels des poissons tournant dans leur aquarium. Changez une règle dans l’une de ces structures, et la conscience individuelle et collective régresse ou évolue, suivant les cas. Cela fonctionne exactement comme le fait de changer un gène dans un corps physique.

Cette génétique sociale constitue une de mes plus importantes découvertes en intelligence collective, thème sur lequel je n’aurai de cesse d’écrire, de publier et de communiquer.

Dans l’entreprise

Dans cette conférence donnée devant 2800 chefs d’entreprises (Pleinière d’ouverture APM – Marseille octobre 2013), j’essaie d’éclairer cette notion d’évolution par le levier des architectures invisibles, à travers un exemple : la respiration. Thème que j’ai également aborté dans l’article A pelles d’air. Que se passerait-il si, au lieu de s’interrompre et de ne laisser aucun espace au silence dans nos conversations, nous décidions d’effectuer systématiquement une longue respiration avant de parler ? Comme vous le voyez, on ne touche ici qu’à un seul code social (gène). Pourtant, de là, tout, absolument tout, peut changer.

Quel impact a eu cette conférence ? Toujours difficile à dire. Mon message a probablement touché quelques personnes en profondeur. Pour le reste, il a reçu un bel accueil, ce qui ne dit rien sur la phase “infusion”. Certes j’aurais pu partager un message un peu plus édulcoré, un peu moins évolutionnaire. Là se présente un choix que je fais toujours : même lorsque je m’adresse à de larges auditoires, je ne souhaite pas pour autant atténuer mon propos, histoire de passer les filtres de la pensée conventionnelle et de le voir accueilli par tous. Disons qu’il y a une partie entendable par tous. Pour la partie plus profonde, plus essentielle, seules les personnes déjà animées d’une volonté de dépasser la doxa, les habitudes, le voile de surface, se trouvent en posture d’accueil et de contemplation investie du contenu. On parle ici, je pense, de moins de 1%.

En mots écrits…

Voici, ci-dessous, le transcript le la conférence.

Caveman writing

Voix off du présentateur : « A la tête du Collective Intelligence Research Institute, Jean-François Noubel le perçoit, c’est encore un signal faible,annonciateur de transformations plus fondamentales, et toutes commencent par un vrai travail sur soi. »

J’ai 12 minutes… 12 minutes pour partager ma passion pour l’évolution, pour l’évolution de la vie, pour l’évolution de la conscience, et ça au travers d’une nouvelle discipline, une nouvelle discipline de recherche qui s’appelle l’intelligence collective. L’intelligence collective qui essaie de comprendre pourquoi, comment, lorsqu’on met un certain nombre d’êtres ensemble, des êtres humains, des plantes, des animaux, des écosystèmes… eh bien quelque chose se passe, plus ou moins bien, mais parfois, un tout émerge, comme un corps, et là quelque chose de magique se passe. A la fois pour les participants, bien entendu, mais également magique parce que un tout émerge, congruent, avec une conscience, capable d’évoluer, d’avancer, et là je parle autant pour une entreprise qui marche bien, que ce groupe-là qu’on vient de voir chanter, ou d’une grande entreprise.

Alors j’ai 12 minutes pour vous parler de cette passion mais, à deux niveaux, parce qu’il y a l’aspect technologique, tout ce qu’on peut voir, l’aspect objectif extérieur, et puis il y a l’aspect beaucoup plus difficile, beaucoup plus invisible, à savoir ce qui va changer au fond de nous. Et déjà pour commencer à nous donner une idée de ce qui va changer au fond de nous, je propose qu’on fasse une petite chose ensemble. Je vais vous la montrer…

[longue et lente respiration]

Une longue respiration. On essaie tous ensemble ? On est prêts ? On y va !

[longue respiration collective]
Encore une fois…
[longue respiration collective]

Alors quel lien ? Quel lien avec cette évolution de notre espèce ?

Eh bien je vais revenir justement à l’intelligence collective, et à un voyage dans le temps. On va parler de ces différentes formes d’intelligence collective au cours de l’évolution, et je vais commencer par celle-là, à savoir un ban de poissons, et j’aurais pu aussi bien vous montrer une fourmilière, ou bien un nuage d’oiseaux, ou bien un de ces grands troupeaux de buffles ou de bisons.

Cette forme d’intelligence collective, certainement la première apparue sur Terre, on va l’appeler l’intelligence collective en essaim. Elle a pour caractéristique déjà, vous le voyez, les grands nombres. Mais également au niveau de l’individu, l’individu dans cette configuration-là, il n’a pas une très grande marge de manœuvre. Le poisson, il suit le ban de poissons. Quand on se trouve dans un troupeau, même chose.

Alors, question : est-ce que, au niveau de l’humanité, on la connaît ? Est-ce qu’elle existe chez nous cette forme d’intelligence collective ?

Eh bien, pas fondamentalement mais… parfois. Dans une manifestation, là ici on a une extraordinaire photo du marathon de New York. Mais on la connaît aussi, vous l’avez peut-être connue pas plus tard que ce matin, on la connaît souvent tous les jours, comme ça. Eh oui, quand on se trouve dans sa voiture, on n’a pas une marge de manœuvre extraordinaire, et pourtant, au niveau collectif, il se passe quand même quelque chose d’incroyable : une ville se remplit, et se vide chaque jour ! Imaginez si une équipe devait planifier ça ? Même chose pour la fourmilière.

Donc cette forme d’intelligence collective, extraordinaire dans ses capacités en tant que tout, mais elle a aussi ses limites. Parfois, ça peut se bloquer complètement, des troupeaux peuvent tomber dans des abîmes, etc, etc.

L’humain, lui, il vient d’autre part. Il vient d’ici… L’intelligence collective originelle. On l’appelle comme ça, justement, à savoir le petit nombre. Ca fonctionne un petit peu à l’inverse de l’intelligence collective en essaim puisque là nous avons un petit nombre d’individus, mais chaque individu se trouve extrêmement individué. Et chez l’humain, on le retrouve dans ces configurations-là, celle qu’on vient juste de voir sur scène, formidable !

Là ici on a un groupe de jazz. J’adore cette photo parce que elle nous montre à quel point chaque musicien vit son individuation, il connaît sa technique, son instrument, et puis se rencontre totalement et pleinement avec les autres. Et à deux niveaux : horizontalement, il sent bien ce que chaque autre musicien fait, mais en plus verticalement, il a une connaissance du tout, il ressent ce tout, il peut s’actualiser grâce à ça.

Ca porte un nom d’ailleurs : l’holoptisme. Je ne vais pas m’étendre dessus, mais ça porte un nom.

La grande force de cette structure, en intelligence collective, on la connaît tous. Eh bien, extrêmement agile, apprenante, elle s’adapte tout le temps, elle se reconfigure, il suffit de voir une équipe de sport qui s’adapte à l’inconnu sans arrêt.

Mais elle a aussi des limites, elle a deux limites : le nombre, et la distance. Il faut que, évidemment, les joueurs se trouvent dans un espace sensoriel où ils puissent se connecter les uns les autres, et voir ce que chacun fait. Alors pour l’humanité, qui a connu ça pendant très longtemps, avec les villages, les tribus, eh bien il y a eu une crise, une crise systémique majeure, mondiale, à l’époque.

Eh oui, lorsque l’agriculture est née, puis que les villes ont commencé à émerger, la spécialisation du travail, il y a eu une explosion de complexité, et il a fallu une sorte de saut quantique. Et là, l’humanité a inventé une technologie absolument incroyable : l’écriture, qui a permis de sortir de la proximité orale, de la tradition orale, pour passer dans les grandes civilisations. Civilisations égyptienne, mésopotamienne, chinoise, maya, etc.

A chaque fois on retrouve cette même structure déjà constituée en castes. On a un Dieu vivant en haut, et puis en-dessous on va trouver la haute prêtrise, la noblesse… En-dessous les artisans, les marchands, et puis en-dessous on va trouver les gens de la terre, les éleveurs, etc. Et puis tout en bas, une masse, taillable et corvéable à merci, les esclaves, le servage, les Intouchables, etc.

Et puis évidemment ça a évolué. De nos jours, on représenterait plus ça comme ça : une grande entreprise elle fonctionne avec un comité de direction. On voit des petits groupes d’intelligence collective originelle. Et puis ça s’organise toujours en pyramide, avec des départements, des services, etc. Et qui ne connaît pas dans les grandes entreprises évidemment, ces fonctionnements en silos ?

Alors, la grande force, puisque je parle des forces et des faiblesses, de l’intelligence collective pyramidale, celle-là, sa grande force, évidemment, elle a réussi à mettre ensemble des milliers ou des millions de personnes.

Sa grande force, on la voit aussi, justement, si je devais prendre l’image de la musique, on va trouver l’orchestre symphonique. Avant-hier, lorsque je faisais mes diapos, j’avais mon fils avec moi, il m’a dit : “Tiens papa, je vais te représenter ce que tu n’arrives pas à trouver sur Internet”. Je voulais voir un chef d’orchestre de derrière, et il m’a fait ça, donc merci à lui, merci à Estéban. Il a très bien compris le concept.

Les forces et les faiblesses de cette intelligence collective pyramidale, on se heurte aujourd’hui de plein fouet à ça, et je crois que cette image résume bien, celle du Titanic ou d’un grand paquebot. La force, elle se trouve aussi dans l’image… On a là une technologie extraordinaire, qui pilote, qui transporte des gens, un grand nombre de gens, d’un bout à l’autre du monde. Et en même temps, une erreur dans le commandement, voire une malveillance, et ça peut devenir la catastrophe. Autrement dit, l’intelligence collective pyramidale a une très très faible résilience. Si ça va pas dans la tête, tout peut s’effondrer.

Elle a peu d’adaptabilité aussi. Elle sait très bien développer des process, les répéter, les répéter à l’avance, mais après s’il y a du changement, cela ne marche plus très bien et on se trouve de nouveau face à un changement, à une nécessité, face à un mur de complexité, qui nous oblige, justement, à nous réinventer.

Qu’est-ce qui se passe ? Eh bien, on entre, de plain-pied, dans ce qu’on appelle l’intelligence collective holomidale. Holomidale, de “holos” — holistique, Et là, vous avez cette image de l’Internet que j’aime beaucoup, déjà un petit peu ancienne, comment les serveurs se relient entre eux.

Ca émerge. Personne n’organise cela de haut en bas. Ca émerge, et ça s’auto-organise. Tout comme on retrouve ça en forêt, sous nos pieds, le rhizome, même chose, même structure. Ou dans notre cerveau. Et là, on a partout, et ça vous le savez, des réseaux sociaux. Tout le tissu social s’auto-organise et on retrouve quelque part, les avantages de l’intelligence collective pyramidale –les grands nombres– mais avec toute la résilience, l’auto-organisation, de l’intelligence collective originelle.

Ca s’adapte, c’est extrêmement apprenant, ça se reconfigure sans cesse, ça se constitue en tribus sémantiques, etc, etc. Alors, à partir de là, on imagine bien, on se trouve tous là pour en parler, qu’il va y avoir une transition incroyable.

Et là maintenant je pourrais vous parler de ce qui va arriver, les imprimantes 3D par exemple. On va passer d’une grande partie de la production, centralisée, pyramidale, à des modes complètements distribués. Je pourrais aussi vous parler de la fin de l’argent, de la société post-argent, parce que si on veut passer d’une économie de la compétition à une économie du mutualisme, on ne peut plus utiliser cette vieille technologie nommée argent. On va avoir des systèmes beaucoup plus puissants !

Mais là, maintenant, je voudrais vous parler justement de cette intériorité. La chose la plus difficile, qui me passionne, ce qui me fait me poser la question quasiment 24h/24… Comment l’humain va-t-il se vivre à l’intérieur de lui-même dans les années qui viennent ?

Et pour ça, on va prendre un exemple : les codes sociaux. Et dans les codes sociaux, je vais m’intéresser aux codes sociaux de la conversation. Alors, quand on se parle, quand on a une conversation à table, ou un débat politique, qu’est-ce qui se passe ? Première chose, déjà, les gens parlent les uns après les autres, très très vite. Il n’y a pas de place pour le silence, il n’y a pas de place pour les temps de respiration. Et puis, on s’interrompt. Et ça, croyez bien, je le vois dans pratiquement la plupart des cultures. Pas toutes, mais globalement on s’interrompt, plus ou moins. Ca veut dire, si j’interromps quelqu’un, que ce que j’ai à dire maintenant a plus d’importance que ce la personne dit en face.

Maintenant imaginez, mettons-nous dans cette situation que on change le code social suivant : on ne prend plus la parole sans avoir fait une longue respiration avant. Imaginez à l’intérieur de vous, si vous vous mettiez à faire ça, les conséquences que cela peut avoir pour le collectif, si un collectif se met à faire ça, dans votre travail, votre famille, et si vous vous mettez à faire ça comme une pratique. Imaginez la conséquence que ce seul changement de code social peut avoir, une longue respiration avant.

Alors, quand je fais des séminaires, et que je demande aux gens à quoi ça pourrait servir, de respirer ? Alors là, tout le monde sait. Eh bien ça permet déjà de se connecter à soi-même, ça permet de retrouver le calme, de prendre du recul, de sentir ses émotions, son corps, de se reconnecter. Ca permet de sentir l’autre, ça permet de sentir le groupe, les émotions qui veulent se vivre. Et ça permet aussi de se laisser inspirer. La respiration, ça nous fait respirer, donc inspirer. Et pourtant on ne le fait pas.

Eh bien pourquoi on ne le fait pas ? Pourquoi ? Parce qu’il y a une signature derrière cette rapidité dans le dialogue que nous avons dans les conversations. Il s’agit de la manifestation du mental.

L’intelligence collective pyramidale, le monde de l’intelligence collective pyramidale a inventé, a développé, sur-développé le mental, le conceptuel. Le mental, il va très vite. Il va très très vite. Il parle très vite, et il sait très bien évoluer dans son paradigme.

Sortir d’un paradigme veut dire désactiver le mental. Et cette respiration peut devenir une méditation à part entière.

J’ai formé beaucoup de gens à des techniques de respiration, et pas simplement des gens individuellement, mais des collectifs, et des collectifs d’entreprise. Tous, sans exception, m’ont dit : “ça a changé notre vision du monde“, “ça a changé ma relation avec moi-même, ma relation aux autres“, “nous ne prenons plus les mêmes décisions ensemble“, “nous ne voyons plus le monde de la même façon“, “toute notre entreprise, toute notre stratégie a changé“. Alors là je ne parle pas de millions de dollars à investir dans la R&D. Je parle simplement d’une respiration.

Et cette respiration nous amène justement à cette question du changement de soi, comment on se perçoit de l’intérieur, comment ça va évoluer, avec, maintenant, une question essentielle, justement.

Toute cette perception de soi, imaginons-nous maintenant dans le noir, dans une forêt, et je vais finir là-dessus. J’allume ma lampe de poche. Ma lampe de poche, et je vais commencer à la diriger un petit peu partout. Là je vais voir un arbre ici, un rocher là… Et je vais me diriger grâce à ça parce mon faisceau lumineux va se diriger à droite ou à gauche et à force, je vais reconstituer une sorte de réalité de proximité.

Le mental fonctionne exactement comme ça. Un faisceau qui relie des choses les unes les autres, et on peut avancer grâce à ça. Ca marche pas trop mal…

Maintenant si j’éteins ma lampe de poche, et que je décide de me laisser imprégner par cette lumière de la nuit, des étoiles, des astres, il va se produire autre chose. Je vais m’accoutumer. Je n’aurai plus le détail exact de ce qui se passe, mais une réalité beaucoup plus vaste va s’ouvrir à moi.

Tous les gens qui s’ouvrent comme ça vont vous parler, vont avoir des mots pour dire ça. Moi j’aime bien parler du transrationnel. Le transrationnel arrive lorsqu’on dépasse le rationnel. Le rationnel, oui, on l’a toujours, je peux toujours allumer ma lampe de poche, toujours. Mais à tout moment je peux aussi l’éteindre et m’ouvrir à une réalité plus vaste, et cette réalité plus vaste, elle peut venir par des changements de codes sociaux.

J’en reviens aux codes sociaux, et j’en reviens à la respiration qu’on a faite au début. Et donc, ces évolutions qui vont se faire, ne vont pas simplement, je vous le disais, arriver par des imprimantes 3D, de l’Internet, très intéressants, il faut aller voir ça, vous allez voir plein de choses, mais pensez aussi, et là je vous invite à ça, à voir ce qui va changer en vous, au travers des codes sociaux, de l’ontologie, de la structure du langage, de nos postures, de notre relation au corps…

Et qui sait finalement si la prochaine humanité ne se trouve pas à une respiration de distance.

Merci !


Que dire pour parler d’évolution ?

J’ai reçu ce matin un mail de ma grande amie, pionnière et aventurière, Michèle Decoust. Dans ce mail elle demandait ce qui m’apparaissait comme important à partager lorsqu’on parle d’évolution aux gens. Sa question s’incrivait dans le cadre d’une conférence qu’elle va donner dans quelques jours pour clôturer le Salon Marjolaine. Le sujet : “Des pistes d’exploration pour une société en mutation” (détails précis au bas de cette page). Voici donc quelques idées…

Un des points sur lesquels on me verra toujours revenir et insister, concernant la question de notre évolution, touche au corps. Corps non seulement dans sa mobilité, ses émotions, ses énergies, mais également dans la relation qu’il construit avec la réalité-miroir. Cela implique le développement de pratiques qui touchent à des capacités que nous avons soit endormies, soit qui attendent comme autant de trésors à découvrir. Nous nous trouvons donc confrontés à une certaine conquête de nous-mêmes et en nous-mêmes, une notion “masculine” que je vois rarement bien comprise et accueillie dans les milieux du développement personnel. Comme par réaction à la domination masculine qui a prévalu ces derniers millénaires, tout ce qui relève d’un effort, et même d’une certaine “violence” faite à soi-même pour se dépasser, se trouve perçu comme suspect et contraire à l’idée qu’on se fait de la santé aujourd’hui. Le soin, la douceur, le massage, les huiles essentielles, l’homéopathie, les énergies, le statique, autant d’aspects qui caractérisent cette vague. Sans exclure ces derniers, je prône de mon côté d’y ajouter les forces de transformation de soi, celles qui relèvent d’une conquête, précisément. En le disant, j’opère également une distinction importante dans le mot “effort” : je parle de ces efforts pour lesquels on éprouve une véritable joie à les fournir, pas de ce qui relève d’une poursuite forcenée vers une idéalisation du soi, jamais atteinte. J’assume donc pleinement ce terme et cette démarche de “conquête”, sans pour autant en faire une démarche exclusive.

Trois exemples :

  • le développement de notre corps : nous évoluons dans un univers de forces, de mouvements, de tensions, de potentiels. Aussi la façon dont notre corps se meut, la façon dont il danse et bouge, dont il perçoit et embrasse la réalité s’avère un levier d’évolution très fort. Aujourd’hui je vois des corps abimés, figés dans la glaise séchée des codes sociaux, exangues de mobilité et de liberté. On se lève, on s’assoit, on marche, on se couche, tout ceci avec une séparation du sol, et une cécité sensorielle quant à ce qui nous entoure. Donc on se retrouve en véritable aliénation. Voilà pourquoi je me sers des arts martiaux pour avancer vers cette libération. D’autres approches se trouvent à notre disposition, elles ont toutes en commun le fait d’aller conquérir nos nouvelles potentialités et libertés.
  • le développement ontologique, autrement dit des structures sémantiques construisant notre réalité : la façon dont nous parlons pour dire le monde détermine notre structure intérieure, et vice-versa. Le langage d’aujourd’hui, sédiment de milliers d’années de civilisations, contient énormément d’archaïsmes et de formes violentes qui agissent sur notre psychisme, et que nous perpétuons sans nous en rendre compte. Voilà qui pose un problème à qui veut évoluer. Évoluer implique donc, une fois de plus, l’installation de pratiques précises et rigoureuses au fond de nous-mêmes dans les arcanes du langage. Par exemple, chère lectrice, cher lecteur, tu t’apercevras que je n’emploie plus le verbe “être” dans mes propos, et donc dans ce présent texte. Je parle en “f-prime”. Cela ne relève pas du hasard, il y a des raisons bien précises que je ne vais pas développer ici, mais dont je parlerai dans mes travaux, et probablement dans un futur post. Allez-vois l’article e-prime en attendant, qui a trait à l’anglais. F-prime a trait au français.
  • le développement des monnaies libres, et de toute technologie qui permet de désactiver les mécanismes de rareté, de concentration des pouvoirs et des richesses. Là encore, on vient toucher les structures profondes de l’être. Cela ne saurait se jouer simplement sur les aspects purement technologiques. Disons que la technologie sert de catalyseur et offre de nouvelles possibilités, le reste se joue toujours dans nos choix les plus intimes.

Voilà. La question de notre évolution contient beaucoup plus d’éléments que les trois que je viens de mentionner, mais on a déjà un début. Tout ceci se trouve au cœur de ma passion de chercheur, que j’ai toujours plaisir à partager !

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