Six accords pour inviter la sagesse

Les codes sociaux habituels de la conversation conviennent-ils pour inviter la sagesse ? Certainement pas ! Ils servent le mental, défendent les mécanismes survivalistes de l’ego, utilisent le pilote automatique qui n’aime que les zones de confort et les certitudes. Veut-on inviter la sagesse et ses abyssales possibilités ? Il faut alors inventer d’autres codes sociaux, d’autres architectures, qui vont favoriser son émergence. La respiration y tient une place centrale.

Les principes énoncés ci-dessous, communément connus sous “les six accords”, servent exactement cet objectif.

1. Une profonde respiration avant de parler

Respiration

Ne prononcez pas un mot avant d’avoir fait une longue et profonde respiration. Cette dernière a de nombreuses vertus. Elle permet de lacher prise sur le besoin pressant de contrôler la conversation, laissant place à ce qui veut émerger du centre. Ce faisant, on s’offre du temps et de l’espace pour contempler le moment présent et ce qui se vit à l’intérieur de soi. On s’ouvre à ce que l’autre vient de dire, en profondeur, même si on se sent en profond désaccord. On peut même “respirer” les paroles de l’autres à l’intérieur de soi, installant une paix détachée des enjeux qui nous agitent. Ce faisant, on passe de la réaction (répondre, réagir…) à la création, car des possibilités insoupçonnés s’offrent alors à notre esprit. Notons que chaque fois qu’on parle les uns après les autres sans laisser d’espace pour la respiration, le “petit soi”, le pilote automatique, reprennent le contrôle.

 

2. Ecouter le centre

Chien grammophone

Ecouter le centre implique ouvrir son être à ce qui émerge d’un collectif, peu importe sa taille et sa configuration. Entendez la voix du groupe, prêtez-lui votre oreille. Cette forme particulière d’écoute  nous connecte aux autres et nous donne un sens d’unité.

 

 

 

 

 

3. Parler au centre

Goutte dans l'eau

Adressez-vous au centre plutôt qu’à telle ou telle personne du groupe. Ainsi vous ne vous enfermerez pas dans un huis clos au milieu d’un processus collectif. Bien que parler et écouter le centre puisse paraître un peu artificiel au début, cela permet l’émergence du tout et permet d’évoluer vers un contexte transpersonnel.

 

 

 

 

4. Ne pas prendre la parole, se la faire offrir

Cadeau

La rareté du temps doit nous inciter à utiliser sagement cette ressource et à bien la partager. Dans des groupes où chacun s’interrompt et se répond sans laisser de répit, les humains se jettent sur le temps de la même manière que les prédateurs capturent leurs proies dans la nature — le plus fort, le plus agile, le plus rapide, le plus malin obtient la plus belle part. Le fait de se faire offrir la parole active l’économie du don, exactement lorsque nous nous asseyons autour d’une table et que nous partageons les plats, avec convivialité et bienveillance.

 

 

 

 

 

5. Parler de son expérience directe

Tigre qui embrasse un homme

Partager son expérience personnelle invite le courage, la vulnérabilité, la confiance et la compassion. Quand une personne parle théoriquement, elle se sépare de sa propre expérience originelle et impose aux autres une “théorie du monde”. Ce faisant, elle installe une barrière entre elle et autrui. Observons si une généralité que nous allons énoncer ne cache pas une histoire personnelle, beaucoup plus riche. Les histoires possèdent la vertu des mythes — elles transportent des émotions, des expériences de vie sur de nombreux niveaux, des cosmologies, des vibrations — un univers bien plus riche à partager avec le groupe.

 

6. Inviter le silence

Désert

Chaque participant peut demander le silence à tout instant (on peut utiliser un son de type gong ou clochette) . La conversation s’arrête et laisse place à une minute de respiration en silence. Ce silence offre un cadeau : l’espace pour explorer notre contexte à un niveau plus profond, pour inviter des mots nouveaux, pour visiter nos émotions, pour écouter nos besoins, et contacter ce qui veut émerger dans le groupe. Une fois cet espace silencieux de respiration terminé, la personne qui a invité le silence peut décider — ou pas — d’expliquer sa demande. La conversation peut ensuite reprendre. Elle repart en général infusée par une nouvelle dimension.

 

 

 

 

 


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